423 - La Sainteté ne se paie pas

"C'est l'habitude de louer les saints qui sont morts, et de persécuter ceux qui sont vivants" 

Prov. anglais 1836

"Le feu éprouve l'or, et l'or éprouve l'homme." 

4° siècle av. J.Christ

L'homme est un être extraordinaire - il parle des dons divins et de la noblesse spirituelle, mais dans le même temps, il s'accroche avec anxiété à l'argent et aux biens qu'il considère comme des certitudes. 

Les deux créatures qui demeurent dans l'homme sont constamment des adversaires, et à cause de cela, l'homme prononce des paroles douteuses, son ouïe n'est pas clair et son regard fuit l'âme qui voudrait l'illuminer. 

Il adore les saints qui sont morts, il s'agenouille devant des idoles de pierre, mais il se moque des hommes nobles qui sont encore en vie. 

Quel animal mystérieux est-il donc cet homme! 

Et néanmoins, nous tous lui ressemblons. 

C'est un tonneau rempli de contradictions, un diable et un dieu - tous deux unis -. Aujourd'hui nous haïssons l'un et aimons l'autre - et demain ce sera l'inverse. 

Et cet homme affirme qu'il cherche l'esprit, qu'il aspire à la sainteté, et qu'il se prive de choses pour parvenir à la richesse intérieure et à la noblesse. 

Quelle comédie, quelle farce! 

Il n'y a presque pas d'homme qui puisse se libérer totalement des joies matérielles, par la crainte que ce monde pourrait lui être comme une torture. 

Les fondements de ce monde ne sont-ils pas construits sur l'argent et les biens? 

Tout peut être fait avec de l'argent - excepté l'homme. 

Tout peut être acheté avec de l'argent - excepté la spiritualité, l'amitié et l'amour. 

Chacun le sait - tout homme ésotérique, l'homme pieux et le philosophe en parlent, et malgré cela, on essaie d'atteindre ou d'obtenir ces dons tant espérés à travers l'argent. 

N'est-ce pas la preuve de l'irrationalité de l'homme? 

N'est-ce pas la preuve de son manque de foi dans les paroles des sages d'autrefois? 

Personne ne cherche Dieu, que celui qui peut oublier son argent. 

La spiritualité est une qualité innée qui se base sur les expériences de l'âme ou les dons de l'âme. 

Personne n'est spirituel, qui possède encore un peu la crainte d'une impuissance matérielle. Nous sommes habitués à réfléchir et à demander conseil avant de prendre une décision. 

Eh bien - "devenir" spirituel, cela ne se peut pas - on EST spirituel, ou on ne l'est pas. On vit, on juge, on connaît des certitudes à partir d'une certaine dose de spiritualité. 

La certitude intérieure est toute autre chose que la certitude extérieure. La certitude intérieure apporte la protection contre la solitude, contre le désespoir, le mal, qui sont des émotions pouvant nous détruire de l'intérieur.  

Une certitude extérieure ne peut rien faire contre cela.  

Curieusement, les hommes ayant des certitudes matérielles, recherchent souvent une certitude ou une satisfaction intérieure - mais ceux qui ont une certitude intérieure, ne sont pas intéressés par les certitudes extérieures. 

Nous devons oublier que Dieu et l'argent formeraient une unité, et nous devons désapprendre à mesurer Sa Bonté à la possession matérielle. 

On pourrait supposer qu'un tel comportement devrait être commun à tous les hommes ésotériques. Mais le discernement se trouve dans la connaissance et la reconnaissance de Dieu, et non pas dans le fait d'être un homme ésotérique, un homme occulte ou un homme d'église. 

La décision se trouve simplement dans le fait d'être "Homme". 

Aucune organisation religieuse, aucun ésotérisme, ne peuvent être une étiquette pouvant distinguer un homme digne. 

Car pour cela, il n'y a pas d'étiquette - excepté les propres actions et le comportement humain de cet homme. 

Et maintenant nous devrions, si nous sommes véritablement à la recherche de la Sagesse intérieure, prendre nos distances de cette façon de voir les choses, que traduit cette phrase: "Je veux atteindre quelque chose, de n'importe quelle manière!"  

Avec une telle manière de penser, on en arrive rapidement à la séduction de vouloir "apprendre", ou "acheter". 

Atteindre quoique ce soit, ce n'est pas possible dans le sens spirituel. 

Nous sommes acceptés par l'Esprit, que S'IL nous trouve digne. 

Et Il nous trouve digne, lorsque nous sommes "l'homme digne qui peut héberger Dieu sans risques nuisibles". 

Là où l'on abaisse Dieu, là où on Le souille - IL n'entre pas. 

C'est une conclusion acceptable et logique, n'est-ce pas? 

Nous sommes jugés d'en Haut et à travers l'Esprit. 

Et c'est pourquoi l'homme a cherché diverses méthodes pour tenter d'influencer Dieu avec de l'argent et des sacrifices. 

Ne connaissez-vous pas l'habitude de certaines peuplades qui essaient de tromper Dieu en Le détournant par de la musique, du bruit, de l'hypocrisie ou par la tromperie-de-soi? 

Le commerce nous est inné. 

La manipulation est connue à tous les niveaux. 

Mais on ne paie pas ses dettes envers Dieu avec de l'argent, ni avec des récompenses extérieures. 

Dans la langue sacrée, on peut relever de temps en temps, des indications concernant le comportement humain qui tend à parvenir à la sainteté ou à la la noblesse intérieure. 

Dans ce comportement, on reconnaît toujours cette question: "Homme - qu'as-tu fait pour ton prochain!?" 

Mais cette interrogation n'a non plus rien à voir avec d'éventuels secours matériels, mais elle oriente vers le "vivre-avec", le secours accompagnateur à tous les niveaux. 

Ici, on ne peut pas se demander: "Quelle sera ma récompense?" 

Toutes les actions qui coopèrent avec la spiritualité naissent de la spontanéité, d'un intérêt véritable pour le prochain, et d'un échange entre les hommes. 

Celui qui cherche la spiritualité, avec un désir d'atteindre, en oublie cette spontanéité, cette humanité de l'amour sans profit. 

Comme cela a déjà été dit: La bouche pourra être malhonnête, mais les caractéristiques qui sont gravées de l'intérieur, dans l'homme extérieur, sont véridiques. 

Servir - sans intérêt-de-soi - c'est l'impératif dans la spiritualité. 

L'humanité et la spiritualité sont toutes deux sans intérêt-de-soi. "Tirer du profit" - cela n'existe pas dans la spiritualité. 

Au contraire! 

Ici, extérieurement ou matériellement, on doit se limiter - diminuer ses possessions. 

Ce n'est pas pour rien que l'on éprouve la nostalgie des temps anciens, lorsqu'existait un lien entre les personnes - l'être humain avait plus de valeur. 

Avec l'accroissement des biens matériels, de l'or, des sectes et des églises, la liaison entre les individus alla en s'amenuisant. 

Nous idéalisons les morts, alors que les vivants sont souvent sujet à la discrimination. Nous ne désirons pas, en fait, unir notre image fantasque avec la réalité. 

C'est un signe douteux. 

Il signifie que nous fuyons la vérité; et cette phrase: "On ne dit pas de mal des morts", est respectée par un sentiment de culpabilité ou de crainte; mais les vivants, on peut les apprécier avec joie. 

Ici, la crainte envers ce qui est invisible et envers les esprits prend une place importante: Nous savons d'une manière ou d'une autre que l'on pourrait bien être puni par quelque chose ou quelqu'un qui est insaisissable. 

Ce qui est "invisible" est un lieu d'où pourrait provenir n'importe quoi: La condamnation, la bénédiction, la spiritualité ou la conscience élevée. 

Mais il n'y a que l'homme spirituel qui sache vivre avec cet "invisible". 

Sa spiritualité n'est-elle pas - pour lui-même - une part de ce soi-disant "invisible"? 

Il connaît par expérience tout ce qui est en rapport avec cet "invisible", ou cette sphère spirituelle. 

Il ne trompe alors ni lui-même, ni Dieu. 

Pourquoi le ferait-il? 

Lorsqu'on aspire au succès, on en vient vite à jouer avec l'idée diabolique: "Le but sanctifie les moyens". (Prov.) 

Au plus profond de lui, tout chercheur spirituel n'est pas dirigé vers un résultat - et cela est assez compréhensible. 

Sa Souvenance originelle, le Shin - le pousse - et c'est à la fois son point fort et son point faible. 

Parfois, à cause du résultat, on est prêt à faire des compromis - c'est mieux d'avoir quelque chose que rien du tout - n'est-ce pas? 

Eh bien - faisant ainsi, les déceptions seront nombreuses! 

Car la spiritualité ne se trafique pas! 

La Sainteté n'est pas à vendre, ni a acheter! 

On ne peut pas "profiter" de la spiritualité - et c'est la raison pour laquelle certains disent: "Je ne vois pas l'utilité!" 

Il n'y a pas d'utilité - car elle est un état d'Etre! 

C'est la différence. 

Faire quelque chose sans utilité, ou sans but, c'est une chose impossible pour la plupart des personnes, néanmoins l'utilité se trouve ici dans l'Etre. 

Quelqu'un qui accomplit spontanément telle ou telle chose, ne pense pas à l'utilité ou au sens de ça qu'il accomplit - il fait et par cela il est - en cet instant. 

Son être spirituel EST, il rayonne, son âme peut s'exprimer. 

Dès que l'âme s'exprime, l'organisme devient paisible, tranquille - le système nerveux végétatif - le médiateur entre le cosmos et l'homme devient sensible et harmonieux. 

Par cela, cet homme peut être - dans toutes les significations du terme. Et l'homme qui EST, sait mieux discerner, il sait mieux pénétrer les choses, et il sait mieux être véritablement homme. 

Aussi longtemps que nous discutons sur la spiritualité ou sur l'âme, aussi longtemps que nous pensons que l'esprit nous investit spécialement nous-même, nous sommes loin de cet esprit ou de cet homme digne. 

Dans ces moments-là, nous en sommes encore aux affaires, nous marchandons à travers nos prochains, à travers leurs faiblesses, ou bien nous sommes en train d'établir un commerce avec l'esprit, à travers des habitudes apparemment mystiques, occultes ou bien inculquées. 

Le terme "affaire" (commerce) provient du mot "faire". 

(chez nous, le mot "handel" = commerce, provient du mot "handelen" = faire.) 

Aussi longtemps que l'affaire est défectueuse, il y a alors la tromperie et l'apparence, et aussi longtemps le "faire" - l'action - et l'être de l'homme ne seront pas en accord. 

La société - y compris ses religions - se base sur la norme d'affaire raffinée, n'est-ce pas? 

C'est pourquoi il y quelque chose qui ne va pas dans la société humaine, avec l'être. 

Le commerce est devenu prospère sur la base de l'échange: Moi, je possède ceci, et toi tu possèdes cela. 

Dans la spiritualité, l'esprit requiert l'homme-en-entier, en échange de la Gnose illimitée. 

Mais quel homme est entier - total -? 

C'est pourquoi notre premier impératif sera d'être "Entier" - Total -. (En hollandais, le mot entier = heel, et "heel" veut aussi dire "heilig" = saint.) 

Avant cet instant, nous n'avons rien d'autre a offrir que des parcelles, pour lesquelles il ne peut y avoir la Gnose en échange. 

Se donner et s'adonner sans prétexte, c'est quelque chose qui n'est connu que par peu de personnes. 

On le voit dans leur existence: Ils ne demandent rien pour le don de leur dignité d'homme. Ils savent bien sûr qu'il leur manque toujours quelque chose, parce qu'ils sont encore partiels. 

Aussi longtemps que nous ne pouvons donner que des parts, ou que nous ne pouvons être que des parts, ou n'être que partiellement spirituels, nous n'avons rien à réclamer à l'esprit. 

Nous ne pourrons jamais dire: "Pourquoi n'ai-je pas de résultat." 

Pourquoi me laisse-t-on tomber? 

Dieu ne nous laisse pas tomber, nous Le laissons tomber malgré qu'IL nous prouve sa Fidélité. 

Tel que nous sommes, nous Le rencontrons.  

Egalement dans la spiritualité. 

L'argent et les biens ne sont pas des unités de mesure ici. 

L'Unité de mesure c'est notre état intérieur, notre paix intérieure, nos émotions, notre certitude, notre humanité, notre Amour. 

L'amour de l'homme envers l'homme - mais surtout l'Amour envers Dieu. Un Amour qui est dicté par l'âme, et qui se démontre spontanément et embrasse notre cœur. 

Dans cet Amour on peut, dans tous les cas, n'avoir aucun intérêt-de-soi, on peut donner, sans demander en retour. 

On peut supporter l'incertitude matérielle et digérer la méconnaissance. 

La société, le monde, l'homme, ne possèdent ici aucun moyen de mesure. On ne peut jamais regarder autour de soi et dire: "Mais alors celui-ci ou celui-là?"  

L'unité de mesure se trouve dans l'individu, dans son intérieur très individuel. 

Chaque homme est différent, son monde intérieur diffère souvent largement de celui de ses prochains. Nous nous sommes faits une image de Dieu et de la Gnose, de la Sainteté et de la spiritualité, et maintenant la réalité devrait s'accorder avec nos images. 

Mais qui dira que notre image est juste? 

Celui qui est mort fut un saint, mais celui qui vit, est toujours un homme impie. 

Les pierres et les saints morts ne protestent pas. 

Autour d'eux, on peut édifier des églises et des temples, même s'ils ont détesté ceux-ci durant leur vie. 

Le papier sur lequel on a écrit leur vie, est aussi patient que les monuments de pierres qui leur ont été édifiés, 

Mais l'homme, dans son "affaire" et son "faire", est peu digne de confiance. C'est la raison pour laquelle l'homme ne doit pas se confier à lui-même, mais se confier à Dieu. 

Il n'aura pas confiance en lui, car il sait que le démon, quelque part dans son intérieur, possède une petite chapelle à côté du temple du Dieu intérieur. 

Et c'est la raison pour laquelle aussi, ses jugements et ses discernements, ses louanges et sa spiritualité sont temporels. 

Si nous voulons changer ceci, nous devons commencer à ne plus nous prendre nous-mêmes, trop au sérieux - et surtout à commencer à être un homme digne. 

Si nous sommes ainsi dans la vie, nous serons tolérants et remplis de compréhension vis à vis de nos prochains, et nous pourrons rester pleins de modestie et d'étonnement envers Dieu et éprouver du respect pour Sa Fidélité, pour son Amour et nous nous étonnerons qu'IL ait tant de Patience avec ses créatures qui Le déçoivent constamment, qui Le trompent, Le négocient ou bien Le renient. 

L'homme commence à connaître la sainteté lorsqu'il est entier - y compris son âme qui aime Dieu. 

Tous les devoirs religieux et tous les dogmes sont exclus ici. 

Les lois et les devoirs, les dogmes et la connaissance occulte, ne nous guérissent pas, mais le Guérisseur intérieur, nous guérit et celui-ci est actif si Dieu est présent en nous, ou bien si nous sommes liés à l'Esprit. 

L'esprit se lie à nous dès que nous Lui montrons spontanément - de l'intérieur - notre Amour, à travers notre comportement, en tant qu'homme et en tant que dieu. 

L'homme se rétablit si le démon ne détruit pas. 

Le démon vampirise la divinité qui est en nous, et c'est précisément dans cette divinité que se trouve notre puissance de guérison spirituelle et corporelle. 

Et en nous tous s'accomplira une catastrophe, si ceci est absent. 

"Nous sommes des sépulcres blanchis" dit la Bible, bien que l'un sache mieux le faire que l'autre - malgré cela la réalité reste la même. 

C'est toujours notre situation nue qui est décisive - cette nudité que nous montrerons aussi à la Lumière, lorsque le moment sera là - cette Lumière qui connaît déjà, même si nous nous trompons en disant que nous recouvrons cette nudité. 

Commençons alors avec une situation réelle, et ne perdons pas de temps à nous orner.  

Sur cette situation réelle, nous pourrons commencer à construire - et ce ne pourra pas être autrement - et si tous, nous faisons ainsi, il sera alors logique que nous reconnaîtrons cette base intérieure, et que nous nous rencontrerons et nous comprendrons. 

Ainsi, nous pourrons regarder à travers les mots et les gestes, ainsi le semblable reconnaîtra le semblable, c'est-à-dire, qu'il y aura des créatures divines aspirantes qui voudront se guérir ou se rétablir ou se sanctifier de nouveau. 

Vouloir faire de notre mieux - cela n'a pas de sens ici. 

Nous ne pourrons faire que ce qui nous est dicté de l'intérieur, et nous nous apercevrons si cela est bien. 

C'est le Chemin de la vie dans le Laboratoire que le Créateur nous a confié. 

Qu'il en soit Bien avec nous tous! 

©1977-2015 Henk et Mia Leene