227 - Le Gnosticisme, à la lumière du 20e siècle

Le mot Gnose fait actuellement de nouveau son entrée dans la littérature et les doctrines - on lui attribue des significations différentes, mais toutes partent cependant de la traduction littérale, - Gnose - Connaissance. 

Une Connaissance Directe, la Connaissance sur laquelle les illuminés et les messagers de tous les temps se sont basés. 

Et de là, chaque gnostique partait du point de vue que l'âme est emprisonnée par la matière - qu'elle doit s'en purifier, se libérer et finalement construire son propre Corps de Matière Spirituelle Originelle. 

Les gnostiques confessaient une enseignement extérieur et un Enseignement intérieur. Ce qu'ils avaient rassemblé par la connaissance et par approfondissement, ils le répandaient par leur comportement-de-vie et dans leur philosophie extérieure. 

La philosophie Vivante nait de la pratique spirituelle intérieure. 

C'est pour cela que le gnosticisme ne meurt jamais, mais il vit jusque dans notre temps en tous ceux qui s'appliquent à la construction d'un Corps Originel ou spirituel. 

On peut lire dans l'histoire comment les gnostiques, bien avant notre ère, et jusque dans une époque avancée de l'ère chrétienne, formaient des écoles, des communautés et des cercles dans lesquels étaient enseignés aussi bien l'enseignement extérieur que l'enseignement intérieur. 

De ces lieux de réunions, il y en avait quelques uns qui allaient de parle monde, ils avaient réuni en eux-mêmes cet enseignement intérieur et extérieur, et étaient devenus ainsi un Témoignage Vivant. 

Tout enseignement qui n'est pas éprouvé et suivit, est mort.  

Le gnosticisme n'est pas une conception-de-vie passive mais - comme toute Vérité Vivante - c'est une aspiration et une expiration. 

Certains se demandent: "Que dois-je faire pour devenir gnostique?" Chaque gnostique se meut durant sa vie entre deux mondes - d'un côté celui de la matière, et de l'autre côté celui de la "spiritualité apparente". 

Et entre ces deux, il construit un monde tout à fait nouveau. 

Aussi longtemps que l'homme ne réunit pas en lui-même l'enseignement et sa pratique, il ne pourra jamais être nommé gnostique. 

En outre, il doit en arriver absolument à partir d'un rétablissement de Bon Corps originel spirituel. 

Toutes les formes d'humanisme et de morale sont réunies sous un même dénominateur: le Gnosticisme pratique. 

Toutes les expressions d'égocentrisme, aussi bien sur le plan spirituel que matériel, lui sont étrangères.  

Il ne pense jamais à lui-même, mais toujours au monde autour de lui: Comment peut-il le servir?  

Il est persuadé qu'il possède la petite Force, mais en même temps, il est conscient de pouvoir renforcer cette petite Force et faire ainsi encore plus pour ses prochains.  

Le sacrifice-de-soi, pour le gnostique, a une toute autre signification que pour le martyre classique qui donnait son corps en sacrifice. 

Il n'y a pas un seul gnostique qui se soit abandonné à l'indolence, au laisser aller ou à la spiritualité apparente, et c'est pourquoi, il n'existe pas de méthodes gnostiques pour la délivrance de soi, ou la prise de conscience intérieure. 

Le véritable gnosticisme est tout aussi rare aujourd'hui que dans le passé - les traditions nous rapportent souvent l'histoire extérieure, et l'on ne trouve presque rien au sujet de la pratique intérieure. 

Mais on reconnaît partout le retour sur soi-même et le rayonnement.  

Beaucoup de doctrines modernes prônent, soit le retour sur soi-même, soit le rayonnement, mais rarement ces deux aspects vont ensemble comme une unité. 

Le retour-sur-soi, s'il est effectivement pratiqué de la bonne manière, entraîne un rayonnement. 

Celui qui rassemble un Trésor intérieur, est poussé de l'intérieur à le rayonner. Là, où l'homme ne change pas, en tant que type et en tant que caractère, et garde donc ses marques égocentriques spécifiques, c'est que sa vie intérieure est faussée quant au retour-sur-soi spirituel.  

Le retour-sur-soi, l'un des aspects du gnosticisme et également un aspect de la mystique orientale, est indispensable, mais le libre développement individuel, ayant pour résultat une conception de-vie extérieure, est également inévitable. 

Le gnostique est très concentré, il ne se laisse pas détourner ni tromper, et c'est justement cette concentration intérieure et intensive qui le charge avec la force-du-service qu'il distribue à sa propre manière. 

Le Repos intérieur est comme une concentration de Vibrations spirituelle, et bien qu'actuellement paraissent de plus en plue de méthodes pour parvenir à une détente physique et spirituelle, le Repos spirituel est cependant quelque chose de différent. 

Le bouddhisme-zen prêche le vide, le Zen, mais ce n'est qu'un commencement. 

Chaque vase vide doit être rempli, on peut comparer cela avec "le vase de la pauvre veuve", aussitôt que l'Eau Spirituelle Vivante, que les Alchimistes appellent, souvent "le Vin", remplit l'intérieur de l'homme, celui-ci ne sera plus jamais vide. 

Le vide est alors passé, il s'est vidé ou détaché des troubles et des inquiétudes des affaires matérielles, après quoi, quelque Chose d'Autre, entre en lui. 

Le gnosticisme n'est pas lié à un certain espace temps - il demeure Vivant, la Gnose croît dans l'homme qui s'est vidé, de telle sorte que son âme puisse plus facilement lui parler et puisse ainsi lui transférer sa Connaissance Originelle. 

Aucun gnostique ne s'est appliqué à développer les "facultés biologiques" de l'homme - il n'existe aucun conte ou récit gnostique sur la médiumnité, la télépathie ou les dons paranormaux.  

L'homme recouvre en général la vérité, ou l'origine de la biologie par son manque de compréhension, son bavardage ignorant et ses fausses conclusions. 

La masse, ne construit jamais de théorie et ne met pas la vérité à l'épreuve - seul l'individu travaille à l'enseignement et à la vie. 

On peut rassembler des individus, mais on peut vraiment les réunir que seulement s'ils disposent du même dénominateur, et s'ils sont orientés sur le même but - pas seulement en théorie, mais en pratique essentiellement. 

La pratique se démontre dans et par l'homme! 

On peut trouver partout de nos jours, des gnostiques, ils se forment eux-mêmes, ils se dégagent des religions apparentes et des mouvements occultes, mais ils restent intérieurement en mouvement, c'est-à-dire qu'ils sont dans la pratique du Chemin, afin de rétablir le Corps spirituel de leur âme qui se nourrit de la Force Spirituelle. 

La rencontre des deux a lieu dans l'homme. 

L'âme réceptive ne sait pas produire la Force, elle est dépendante, expectante, ouverte - c'est l'Esprit qui la met en action. 

Cependant le gnostique trouve que cette réunion de l'âme et de l'Esprit n'est pas suffisante, il veut en faire quelque chose et il va donc travailler aussi avec, parce qu'il le doit, de l'intérieur. 

La Force spirituelle ne se fait pas limiter ni endiguer.  

L'âme, par la vie particulière de l'homme, peut être dominée et finalement devenir latente. 

Aussitôt que l'âme est touchée par l'Esprit - cela n'est plus possible, car alors, l'égo est dominé et l'homme est forcé d'employer son instrument au service de ses prochains, de quelque manière que ce soit. 

"Sans effort, on n'atteint aucun résultat spirituel." 

Ces mots se trouvent dans tous les écrits de la littérature gnostique, alchimique ou bien mystique. 

Le mot "effort" est souvent faussement interprété, surtout par les fortes personnalités ayant force de volonté et étant intellectuelles.  

Le "non-agir" est le plus grand effort, pour l'homme possédé par son activité d'existence. 

Ce que l'homme oriental peut faire facilement, demande un effort à l'homme occidental et inversement. 

Sur ce point, l'orient et l'occident doivent se rencontrer. 

On trouve le gnosticisme aussi bien en orient qu'en occident, de même que l'alchimie - il n'y a pas de frontières nationales - 

Partout où l'homme est persuadé de la nécessité de rétablir dans son honneur le Corps spirituel, le gnosticisme peut trouver une entrée.  

Notre temps actuel est sensible pour l'occulte, de par le rayonnement d'Uranus qui traverse les obstructions matérielles et extérieures. 

Mais la "sensibilité occulte" ne veut pas encore dire, posséder la Gnose. 

La Gnose ne peut être apprise, ni ne peut être le sujet d'exercices. Une méthode est toujours un expédient, il arrive un moment où l'on doit se détacher de la méthode. 

L'homme qui a dévié de son équilibre naturel, en arrive par la méthode, à la compréhension ou au repos. 

Le gnosticisme fait emploi d'un tel égo, il ne peut exister sans lui. 

La volonté, le penser et la conscience (âme, cœur, esprit) sont les trois points de contact dans l'homme physique et naturel. 

La volonté est une force-de-feu qui se meut dans l'organisme, le penser est aussi une force-de-feu insaisissable, et la conscience est, de temps en temps, une force-d'eau indomptable. 

Le penser et la conscience, en tant qu'unité, emploient la volonté comme serviteur. 

Ces mots "Je dois le vouloir" sont la suite du fait que: "Le cœur est orienté et que le penser doit le comprendre". 

Le cœur et le penser dominent ensemble la volonté. 

La volonté est si agitée, relâchée ou fanatiquement indomptable, parce que ni le cœur ni le penser ne comprennent quelque chose à la Gnose, à la Connaissance Directe du cœur. 

Les résistances dans l'homme proviennent du manque de compréhension, de l'ignorance ou d'un manque d'expérience intérieure. 

L'homme spirituel-passif manque de l'attouchement direct dans la conscience. 

Si l'homme moderne veut mettre le gnosticisme en pratique, il doit arriver tout d'abord dans le Pays qui n'est à personne. 

Il ne peut avoir à faire aux religions ni à la "spiritualité apparente occulte" qui aboutit dans le développement des "dons biologiques". 

Il se trouve sur le fil du rasoir et ne peut y marcher que par un contact avec la Connaissance Directe. 

Les dons biologiques paranormaux ne veulent aucunement dire que l'homme est un gnostique ou un saint, mais le gnostique peut bien disposer d'eux s'il le veut ou trouve cela nécessaire. 

Le gnosticisme ne peut être limité physiquement, ni ne peut être enfermé dans l'un ou l'autre dogme - il est mobile et vu d'un homme à un autre, de l'individu indépendant à l'individu autonome. 

L'indépendance signifie: liberté - mais la liberté demande de la responsabilité envers soi-même et envers son prochain. 

Celui qui possède la Gnose, même si ce n'est que partiellement, prend à l'instant même une responsabilité sur lui. 

La responsabilité signifie toujours un fardeau: on supporte aussi souvent les soucis, la faute ou les problèmes des autres. 

Avant que l'homme puisse être indépendant, il doit avoir appris à se tenir en liberté et a en supporter les conséquences. 

Il ne se cache pas la réalité, il ne renvoie pas ceux qui cherchent du secours, ni ne se perturbe ou se trouble en face des faussas accusations, parce qu'il possède une Impulsion intérieure qui est pour lui un Flambeau sur son chemin de vie. 

Tout homme qui vit d'après la pratique-spirituelle, s'apercevra comment les foules ignorantes et les hordes envieuses se jettent sur lui, parce que là où est la Lumière - même si ce n'est qu'une petite Flamme - on essaiera toujours de La piétiner. 

C'est la poussée des oppositions lucifériennes. 

Le gnosticisme fut presque partout piétiné, mais il vit encore et toujours - il est vue, aussi bien par les religions que par les spiritualistes apparents, avec aversion, crainte et jalousie.  

A travers l'histoire, le gnosticisme n'a jamais fait autre chose que se faire connaître - et par cela, il arrivait nécessairement en contact avec les lois de la société et les hiérarchies du système-de-vie égocentrique. Le résultat fut toujours que ce qui était saisissable était happé par les puissances et les foules agnostiques - mais c'était toujours la forme extérieure que l'on détruisait ainsi, des hommes furent brûlés, torturés, insultés - mais elles ne sont jamais parvenues à faire taire la Gnose-même. 

Après les Alchimistes du Moyen-Age, il y eut une courte période de repos, une grande partie de l'humanité se plongea dans la matière - il y a actuellement une grande partie de cette humanité qui revient à la surface et qui tient triomphalement le Flambeau de la Gnose dans sa main. 

Le gnosticisme devient de nouveau présent dans le penser humain, mais il doit d'abord se défaire de toutes sortes d'Ïlusions et d'idées fausses. 

L'homme doit reprendre le fil là où il l'avait laissé - en Occident, chez les Alchimistes, et en Orient, chez les gnostiques individuels. 

Entre le Moyen-Age et aujourd'hui, s'est élevé l'occultisme, le secret, ce qui est invisible pour le monde des sens extérieurs. 

Par cela, une nouvelle dimension entra dans l'évolution humaine. L'attention fut dirigée sur la nature invisible, mais pas sur l'Esprit. Maintenant que le gnosticisme s'est dégagé des revêtements, l'humanité a reçu une nouvelle entrave: la tromperie, par le moyen des sphères éthériques. 

C'est pourquoi, chaque gnostique marche sur le tranchant d'un couteau, et il ne peut y garder son équilibre que par la Gnose, la Connaissance Directe de son âme touchée par l'Esprit. 

Il doit être maintenant, encore plus fort que dans le passé lorsque la simplicité, l'ignorance à l'égard de l'occultisme et le manque d'abondance matérielle portaient plus facilement l'homme vers un retour-sur-soi. 

Le développement intellectuel apporte aussi des avantages que des désavantages, l'homme devient plus indépendant, mais en même temps, il est plus chargé. 

La simplicité jadis, n'était pas une mission trop lourde - aujourd'hui la simplicité est pour l'homme occidental, un point de discussion. 

Se retirer dans une communauté n'est pas une solution pour le développement spirituel - on doit de nouveau se charger, et intérieurement enrichi, se frayer de nouveau un chemin vers le monde. 

Parce que la Gnose est au service de l'humanité et du monde, et jamais au service de l'individu égocentrique. 

Les types-de-vie alternatifs sont indispensables, mais ils se déroulent d'eux-mêmes, chez le gnostique - celui-ci rompt avec toute espèce de forme d'habitude, avec toutes sortes de méthodes de coercition sociale - il y a bien sûr quelque chose d'autre à la place, et cette alternative doit prouver être meilleur que tout ce qui a été rejeté. 

Pour une réalisation ou construction spirituelle, on a toujours besoin d'un matériau. 

On doit chercher ce matériau, on examine, on rejette, mais il faut avoir un matériau, sinon rien ne peut se réaliser jamais. 

La réalisation spirituelle, soit en groupe, soit en tant qu'individu, est composée d'un même matériau: la Force spirituelle, le Gnosticisme, la Connaissance Directe. 

L'alchimiste dit: "Beaucoup cumulent les expériences, mais il n'y en a que quelques uns qui rassemblent ainsi de la sagesse." 

Les expériences peuvent passer, elles peuvent s'entasser et s'empiler - ce sont toujours les mêmes expériences, jusqu'à ce que, à un certain moment, l'homme y puise tout à coup une étincelle de sagesse. 

La sagesse veut dire ici: l'Inspiration spirituelle. 

De cette Inspiration, il va finalement construire son Corps spirituel, Vivant de Vibrations spirituelles, fortes, insensibles aux attaques, insensibles aux vibrations basses. 

Avant que ce Corps spirituel soit assez fort, il peut se passer plusieurs vies, quelquefois un homme peut atteindre cela en une seule vie - et il doit pour cela faire des efforts, tout d'abord pour devenir un Vase vide, comme le dit le "Tao te King", et ensuite, devenir un vase rempli, un Graal rempli avec le "Sang du Christ", si vous comprenez ce langage figuré! 

L'alchimiste dit: "Donnez les deux vins à boire", et le vin - dans tous les symbolismes est aussi bien le Sang que l'âme de l'Esprit Vivant. 

L'expérience qui est incrustée dans le sang est comme le Pain Vivant et le Vin de l'âme. 

Par cela est construit la Maison du Pain - Bethléem - d'où le Premier Né fut tiré dans le monde. 

Le gnosticisme se lève de nouveau en ce 20ème siècle mouvementé, et il Va de main en main et de bouche à oreille - mais l'individu, l'homme qui s'est dégagé, qui ne trouve pas de satisfaction dans les religions ni dans les aventures occultes, le reconnaît et il en reçoit un nouvel espoir. 

Il dépend de lui - comme le disent tous les témoignages - que la Gnose veuille le choisir comme demeure, parce que l'âme se sert d'un égo pur et harmonieux, et l'Esprit se sert d'une âme Pure et Réceptive. 

Un travail intensif est nécessaire avant que l'homme ne devienne un gnostique, et s'il l'est devenu, alors il n'en parle pas - il ne parle, qu'en enseignement, - et se fait connaître par ses actes - parce que le gnostique est de nouveau devenu "personne" - sans nom - sans place - sans signification. 

Une âme qui retourne vers le Grand Rien Insondable, où l'Esprit est présent comme l'Unique.

©1977-2015 Henk et Mia Leene