217 - L'envie insatiable

Ainsi que nous le savons, la nature est édifiée sur deux forces contraires: 

Positif: rayonnant - 

Négatif: réceptif - 

Chaque création connaît en elle-même l'effet de ces deux opposés. L'homme connaît le "recevoir" et "l'envie" comme des manifestations négatives, et le "donner" et le "dispenser" comme des manifestations positives. 

Toutes vies, tous mouvements dans la nature, toutes respirations, ne sont rien d'autres que des interactions entre "recevoir" et "donner", l'absorption et le rayonnement. 

L'envie, c'est le désir d'avoir - 

le rayonnement, c'est vouloir. 

L'envie est la première activité présente dans la créature, et dans la nature. On arrive, par l'envie, à l'être - et on veut par l'avoir, devenir quelqu'un. 

La nature, la terre, toutes les formes de la création se développent par l'envie, et se déclarent, se démontrent par l'être. 

L'insatiabilité est comme un désir inapaisable qui fait que l'homme se conduit comme un vampire. 

L'envie matérielle et l'envie spirituelle sont au fond la même chose. 

De nombreux hommes, après une déception dans la vie courante, projettent et transfèrent leurs désirs matériels dans une ambition spirituelle. 

Ils désirent devenir spirituels, saints ou supérieurs, et par ce désir, ils sont capables de toutes sortes de méthodes et de toutes leurs conséquences. 

Il n'y a aucune créature qui ne connaisse pas l'envie - celle-ci doit être présente pour l'amour de l'existence naturelle. 

Celui qui ne désire plus rien, est au bord de la lassitude-de-vivre, de la dépression et de l'apathie. 

L'aspiration est un désir instinctif, un désir de vivre qui est inné dans l'organisme. 

Plus l'homme possède le désir-de-vivre, plus forte sera son envie, et celle-ci sera naturellement projetée sur le but qui est en rapport avec la conscience de l'homme en question. 

L'envie - le désir - est la force négative qui est innée dans l'homme, comme - un moteur naturel. 

Un désir excessif est le résultat d'un état biologique maladif - il y a alors quelque chose qui n'est pas en ordre dans l'interaction des deux pôles, négatif et positif. 

La faim rend l'homme avide de nourriture. 

La pauvreté rend l'homme envieux de la richesse. 

L'insatisfaction psychique le rend désireux d'une satisfaction psychique. Personne ne sait expulser cette envie, hors de son organisme. 

"Tuez l'envie", dit la Voix du Silence. 

C'est-à-dire, l'envie sous sa forme maladive, par laquelle l'homme devient l'esclave de cette envie, qui, étant toujours une manifestation émotionnelle, le conduit sur un chemin d'illusions et de déraison. 

"Tuez l'envie" signifierait à la limite, s'empêcher de respirer dans le champ de vie naturel. 

Très souvent, on part de cette supposition que l'homme spirituel doit tuer et nier tout ce qui est naturel-biologique, en lui. 

Je trouve personnellement que c'est une situation contre-nature, et non spirituelle. 

La respiration de "l'avoir" et de "l'être", si elle est harmonieuse, maintient l'homme dans un équilibre biologique sain. 

Le réveil de l'envie, comme cela est pratiqué par la publicité, peut éventuellement occasionner une disharmonie entre l'envie et l'être. 

Beaucoup sont envieux - et ils ne savent pas comment ils doivent être. 

La faim psychique, la pauvreté intérieure, la déception, à condition qu'elle ne soit pas déjà parvenue à un état de durcissement - qui est une caricature de l'être - apportent avec elles une envie insatiable. "Tuer l'envie" n'est possible en partie que lorsque l'on est arrivé, intérieurement, à un point de rassasiement. 

Le rassasiement est toujours temporaire. 

Pour être réellement, on doit puiser à la source pour s'alimenter, et c'est pour cela que le fait d'être envieux d'affaires inutiles, n'est qu'un motif pour envier encore plus; on ne peut jamais les utiliser pour être réellement. 

Les désir matériel est en rapport avec l'état d'être matériel et l'être matériel, vous le savez, est continuellement gardé en mouvement par les normes sociales. 

Les désirs matériels n'atteignent jamais leur point culminant - les pontifes qui en profitent, veillent bien à cela. 

La société et tous ses intéressés, sont dépendants du mouvement humain entre l'envie et l'existence.  

Tous les mouvements religieux spéculent sur l'envie de l'homme et son désir psychique. Ils sont la copie fidèle de chaque groupement social. 

L'intensité de son envie et de son état intérieur, peuvent être observées dans la respiration de l'homme. La respiration est troublée chez presque tout le monde. 

On peut la modifier par des exercices, mais l'homme qui est biologique et s'est artificiellement rendu malade, est envahit par des exercices et des méthodes, pour de nouveau retomber dans son état naturel. (on dit en français: "chassez le naturel, il reviendra au galop".) 

D'un côté, on trouble sa respiration naturelle par des méthodes chimiques, psychologiques et alimentaires, et d'un autre côté, les méthodes pour le guérir, poussent comme des champignons hors de terre. 

On voit également ici, le concours des deux puissances - dans la nature, il est toujours question d'une force à double sens - l'unité, en tant qu'harmonie intérieure de cette force à double sens, est inconnue. 

L'une éveille l'autre automatiquement - il en est ainsi également avec l'humanisme, la faim psychique et la criminalité.  

Un état d'être altéré, éveille automatiquement un désir vers quelque chose d'autre. 

L'insatisfaction, dans n'importe quel domaine, maintient le désir vivant. On connaît aussi cette loi inévitable dans la spiritualité, parce que chaque contact spirituel conduit l'homme vers un désir de plus. Si nous mettions en pratique les mots: "Tuez l'envie" - il en serait aussitôt fini avec le chemin du chercheur spirituel. 

Une saturation religieuse excessive, apporte la bonhomie religieuse, et celle-ci se déclare dans l'organisme, surtout dans le système nerveux. 

On reconnaît également cela à la respiration. 

La sursaturation, dans n'importe quel domaine, empêche l'homme de respirer profondément, d'une manière sainte et naturelle. 

L'homme nerveux - où ne le trouve-t-on pas? - est agité et respire superficiellement. 

Il est trop fatigué pour pouvoir répandre sa réceptivité de la juste manière.  

C'est surtout l'homme du type réceptif qui deviendra vite malade, pour lui, l'enseignement de la respiration donnera certainement une solution temporaire, l'éther-de-vie sera alors mieux absorbé, mais cela ne veut pas dire, pour autant, qu'il sera traité de la juste manière. 

Ce sera toujours une question de compréhension et de conscience. 

Lorsque l'on apprend de nouveau à bien respirer, on a toujours besoin de trouver une soupape d'échappement, pour l'écoulement de l'éther-de-vie, que ce soit dans le sport, la religion, les hobbies et toutes choses semblables. 

Lorsque notre planète-terre est freinée dans son désir insatiable, ce qui est le cas en ce moment, elle reçoit les mêmes symptômes de maladie que l'homme. 

L'enfant très jeune, vit sur "l'avoir", ce n'est que vers sa sixième année, qu'il sait ce que signifie "être". 

C'est normal. 

Mais "l'avoir" et "l'être" psychiques, sont, pour la plupart des hommes un grand problème, parce qu'ils ne oonnaissent pas également le travail caché de "l'avoir" et de "l'être" biologiques. 

Aussitôt que l'enfant est parvenu à l'âge de la compréhension, on le bourre avec une aversion et une horreur contre "l'avoir". 

"Tu ne dois pas toujours demander" - 

"Tu ne dois pas toujours vouloir quelque chose" - 

"Tu ne peux pas demander!" - 

"Tu dois attendre ton tour, jusqu'à ce que tu reçoives!" 

Ces avertissements ont leur prolongation jusque dans les affaires les plus importantes. 

Les enfants qui demandent, passent leur tour, mais également les enfants qui ont vraiment quelque chose à demander, sont très souvent négligés parce qu'ils sont si "turbulents!" 

L'enfant grandit avec l'idée que l'on a quelque chose avec cet "avoir", c'est souvent quelque chose d'inconvenant, et malgré cela, lorsqu'on reçoit ce que l'on voulait, on doit démontrer sa reconnaissance. 

C'est l'image morale de l'éducation. 

Toute la nature est cependant édifiée sur "l'avoir instinctif" - l'envie - pour se nourrir, pour exister et par cela pour pouvoir dispenser, donner, aider. 

Celui qui n'a rien, ne peut rien donner. 

Ce n'est pas seulement une affaire matérielle, mais surtout une question psychique.  

Si l'on ne possède pas un "Désir spirituel", par lequel arrive une réponse, dont on reçoit donc un bienfait spirituel, on ne peut rien donner! Je me demande si les adultes diront un jour: "Vous ne devez pas tant demander à Dieu, vous devez attendre jusqu'à ce que vous le receviez?!" ou: " Celui qui demande passera son tour!" dans quel état les religions se trouveraient-elles maintenant?! 

Le Grand Dieu semble ne pas avoir pris ce principe dans son système d'éducation. 

On part de la supposition qu'Il est assez, déraisonnable pour "gâter" ses êtres humains - et il semble qu'ainsi, Il est surtout enclin à "favoriser" certains de ses êtres humains plus que d'autres - habitude détestable que l'on peut reprocher sévèrement aux parents humains! 

On ne va donc jamais dans le sens d'un développement spirituel, qui s'exécute d'une manière autonome, en partant de ce point de vue qu'il y aurait dans les cieux une espèce de Père divinisé qui devancerait tous nos vœux, sans s'attirer quelque chose de "l'avoir" et de "l'être". 

On tient effectivement compte de ce mouvement primordial. 

L'homme spirituellement riche, distribue toujours sa richesse, c'est pour lui une nécessité, un besoin intérieur, une respiration, s'il ne faisait pas cela, sa richesse spirituelle retomberait en poussière, elle serait rongée par la teigne et deviendrait une eau croupie empoisonnée. 

Cet homme écoute intuitivement la respiration spirituelle, et il trouvera, ainsi, en même temps, un équilibre dans sa respiration matérielle, dans son rapport entre "l'avoir" et "l'être". 

Il n'est pas nécessaire de dire à un tel homme: "Tuez l'envie". 

L'envie, dans sa forme naturelle, n'est pas mauvaise, c'est le désir vers la vie. Que l'on se soit habitué à "tuez l'envie", est dû au fait que l'on a un état d'être détérioré. 

N'est-ce pas reconnaissable partout? 

En saisissant cet "avoir" dans son mouvement primordial, on se prive de l'être naturel et aussi psychique. 

Les jeunes enfants se trouvent dans le plein mouvement de "l'avoir", la réceptivité, et ils donnent libre cours à leur manifestation, de toutes sortes de façons, suivant le type d'existence du moment.  

Aussitôt que l'enfant, l'adolescent et l'adulte écoutent leur instinct d'envie, sans frein, ils prouvent bientôt par leur état d'être, quel est le besoin qui vit en eux, et de quoi ils vivent. 

La compression du principe réceptif apporte l'hypocrisie avec elle, parce que l'on ne peut pas en réalité, compresser ce principe sans qu'il ne cherche une autre issue. 

L'adoration ridicule de l'intellect, fait que l'enfant, l'adolescent , refoule cette réceptivité et la remplace par la réceptivité apparente de l'intellectualisme. 

On trouve également en ceci, un reflet de notre "être" déformé. 

L'envie refoulée recherche toujours une solution sur un terrain où l'on ne la reconnaît pas en tant "qu'envie" - la morale a bien manipulé cela. 

La morale est une intervention humaine arrogante, dans la loi naturelle, et même dans la loi psychique de "l'avoir" et de "l'être". L'envie, ainsi que nous la décrit le dictionnaire, c'est: désirer, souhaiter fortement.  

Une passion pour quelque chose est une envie déraisonnable, qui a été compressée d'une manière ou d'une autre. 

Beaucoup de parents ont un désir caché qu'ils essaient de faire passer sur leurs enfants. 

L'envie est une puissance très forte, elle se cache - comme une force-de-succion instinctive, aussi bien dans la tête - le penser - que dans le cœur, et la volonté en est toujours son esclave. 

L'envie, en tant qu'action négative-réceptive, est beaucoup plus forte que "l'être", en tant qu'action positive. 

Comme dans tous les rapports, dans la spiritualité et dans la nature, l'existence est dépendante du pôle négatif.  

Ainsi, l'être spirituel est-il dépendant du "Désir de l'âme", suivant que cette âme sache et puisse analyser. 

On appelle cela alors - le Désir du Salut -, l'Aspiration à la Béatitude éternelle de l'âme, son fort souhait de se déployer pour de nouveau pouvoir "être". 

Si nous disions à l' âme, comme à un enfant réceptif: "Tu ne dois pas demander" - "Tu dois attendre et ne rien vouloir" - qu'arriverait-il alors de la rédemption de l'âme?! 

Dieu merci, la Vibration de notre âme se trouve hors de la vibration de la création naturelle, et elle continue ainsi calmement avec son "Aspiration à la Béatitude Eternelle", sans que l'homme, en tant qu'égo, n'y puisse changer quelque chose. 

Hélas, il trouve cette inquiétude intérieure, cette aspiration à la Béatitude éternelle, souvent embarrassante - comme cela lui a été appris en tant qu'être biologique - et il a un peu honte de cela, car il tombe hors du schéma que l'homme s'est imposé moralement. 

L'Esprit réagit à cette Aspiration à la Béatitude Eternelle, et donne à l'âme ce qu'elle désire! 

De cela provient une Aspiration à la Béatitude Eternelle encore plus forte, et l'âme continue ainsi de croître dans le mouvement stimulant de l'Aspiration à la Béatitude Eternelle, jusqu'à, la culmination de l'Etre spirituel. 

Cet Etre spirituel est lié aux Lois spirituelles, et il n'y a personne qui puisse déformer et changer cet être, sous des pressions commerciales. 

L'être psychique est comme le mouvement parfait entre le pôle réceptif, l'âme, et le pôle rayonnant, l'Esprit. 

Avant que l'âme ne sache suffisamment répandre l'action rayonnante de l'Esprit, elle continue d'aspirer. 

Une pression, de n'importe quel côté que ce soit, mine l'harmonie biologique et psychique. 

Chaque enfant, aussitôt qu'il est capable de compréhension, est confronté avec une contrainte morale - on appelle cela: apprendre à obéir, apprendre à vivre, d'après certaines normes morales et sociales acceptées comme normales. 

Jusqu'à un certain point, cela est nécessaire pour prévenir un chaos social, que cela soit rendu nécessaire, apporte la preuve que l'homme a depuis longtemps oublié son interaction harmonieuse naturelle entre "l'avoir" et "l'être". 

Le Décalogue en donne la preuve! : "Vous ne souhaiterez pas ....." 

De nombreux dogmes religieux sont construits autour de ces paroles, ils sont en réalité basés sur une fausse habitude humaine, ou une fausse interprétation, psychique!  

On maintient l'homme dans un collier moral, en mettant l'envie à l'attache, religieusement et socialement. 

Alors que l'on fait des efforts inouïs, dans les autres domaines pour la nouveau éveiller cette "envie". 

Et-il reste ainsi beaucoup a faire, et les "hiérarchies" religieuses continuent ainsi d'exister et donnent une raison d'existence à l'homme avec toutes ces tumeurs et ces déformations inutiles. 

Les problèmes, autour du développement psychique, la contradiction, le nombre et le mercantilisme des religions, ésotériques ou non, sont seulement greffés sur la méconnaissance du précieux principe réceptif. 

Le mot "négatif" a dans l'usage courant, une signification péjorative - c'est le résultat du "principe de l'envie" refoulé durant des siècles. 

"L'avoir" peut être anobli exactement de la même manière que "l'être", mais personne ne fait d'efforts pour cela, parce que "avoir" n'est pas permis une seule fois. 

L'homme qui dit: "Je ne veux rien avoir" désavoue son existence biologique qui est basée sur l'avoir. Il peut vouloir dire seulement: 

"Sur le plan matériel, je ne désire plus rien". 

S'il déplaçait cela sur le plan psychique, cela pourrait alors aller mal pour lui. Il y en a hélas, beaucoup ainsi - la sursaturation matérielle apporte avec elle un arrêt psychique - "l'Aspiration à la béatitude éternelle" est absente. 

Une Aspiration inapaisable à la Béatitude Eternelle de l'âme est une certitude pour la Vie et l'Etre spirituel. La nature ne connaît qu'une aspiration-de-vie insatiable, et l'homme connaît aujourd'hui souvent un désir matériel insatiable. 

L'inapaisement n'est bien que lorsqu'une possibilité de croissance est encore présente! Etre rempli de désirs psychiques est la conséquence de l'Aspiration à la béatitude éternelle. 

Un contentement psychique, est une preuve de l'absence de l'aspiration à la béatitude éternelle - ou bien l'homme doit être alors un Saint et un Parfait! 

C'est pourquoi lorsque l'homme, si c'est encore possible, prête l'oreille à ses désirs du cœur, cela est guérissant. 

Il doit laisser son cœur "libre", ne pas se tenir comme un homme frustré, ne pas croître comme un homme désharmonieux. 

La Liberté du cœur et la Liberté du penser ne signifie rien d'autre que la réponse à une impulsion de réceptivité innée.  

Et "l'être" apporte alors la preuve de ce que vers quoi votre désir était dirigé! 

La honte nous empêche d'être ce que nous devrions vraiment être.  

Et ainsi, chacun de nous est prisonnier dans une loi, qui nous éloigne de plus en plus de la respiration spirituelle - c'est pourquoi l'homme est aujourd'hui psychiquement si dévoyé, il ne sais pas où il doit chercher sa satisfaction spirituelle, la cause est profondément cachée dans les racines de notre existence.  

Celui qui ne sait plus comment il doit vraiment vivre pour être, comment pourrait-il savoir ce que son âme désire vraiment? 

Soyez donc simplement celui que vous voulez véritablement être, écoutez votre cœur, votre intuition. 

Et vous pourrez certainement savoir, en quoi votre être spirituel existe, et comment vous pouvez croître vers cela! 

Apprenez à vivre, en tous points, et trouvez la joie dans votre "être", car, par cela, vous pouvez louer Votre Créateur.  

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