209 - Rebelle envers Dieu

Tout homme spirituel qui cherche, est en fait en révolte contre ses limites - il cherche une issue hors des images de pensées qui ne l'intéressent plus, et il entre très souvent en contact avec des idées nouvelles. 

Chercher, c'est croitre - mais cela peut être aussi, errer. 

Un Fils de la Lumière, venu du Royaume de la Lumière, ne connaîtra pas d'arrêt sur cette terre, parce qu'il cherche quelque chose qu'il ne peut trouver ici. 

La recherche spirituelle est innée dans le Fils de la Lumière, et seules, les âmes très faibles renoncent à tendre vers la Lumière et l'Esprit. 

Dès lors que le Fils de la Lumière descendit du Ciel, dans le chaos, il devint un rebelle - un rebelle envers son Créateur, ou la Puissance Supérieure, et cette rébellion ne le quitte pratiquement pas. 

La rébellion croît sur des sentiments de répugnance, de mécontentement et d'indignation. 

Alors entre en vigueur la règle, également reconnaissable dans la société: le rebelle est un individu - et la masse morne, écarte et repousse ses idées. 

Les rebelles doivent se tenir cachés, pour ne pas être exposés a des persécutions. 

Le Fils de la Lumière, qui véritablement, se rebelle intérieurement, devient l'homme singulier, à qui personne ne prête attention. 

Il se forme parfois en petits groupes, en sectes, ou se retire dans la solitude, déçu que son appel n'ait pas trouvé de réponse. 

Mais chaque rebelle spirituel vit intérieurement. 

C'est la différence d'avec la grande masse morne et muette, qui est maintenue enserrée par les religions mondiales. 

Ces deux adversaires: rebelle, et masse morne, étaient déjà un fait au temps des Cathares et des alchimistes. 

La grande masse adore les cérémonies extérieures, et jouit secrètement de la rébellion des individus, mais il lui manque le courage, le Bon Courage, pour braver le monde.

Les rebelles se sentent déprimés par la masse morne, ils s'arrachent des normes étouffantes, et de la spiritualité d'habitude - ils explorent le chemin du courage vers le Bon Courage. 

Un rebelle chargé de Bon Courage devient un homme quand s'élève de l'intérieur, un cri, qui emplit complètement cet intérieur avec une force stimulante, qui n'a cure du danger ou de la crainte. 

Un idéal peut emplir son possesseur de bonheur et de certitude, un idéal spirituel l'emplit d'invulnérabilité. 

Il est impensable qu'un rebelle ne soit pas inspiré par une Aspiration-primordiale qu'il reçoit chaque Jour, avec une Vibration spirituelle, de telle façon qu'il puisse en vivre. 

Pour être un Cathare parfait, entouré de persécuteurs, et servant tout de même l'homme et le But spirituel, il faut bien être un rebelle spirituel. 

La rébellion spirituelle, sans la sagesse du Bon Courage, devient du fanatisme - C'est une satisfaction de soi-même, et une pratique clandestine du héros. 

Notre temps connait beaucoup de héros - on les trouve dans le monde entier, partout ou ils servent un idéalisme. 

Cet idéalisme est le fruit de leur croyance et de leur espoir, et leur développement intérieur, moral et spirituel, définitlle degré de croyance et d'espoir. 

De cela découle la qualite du fruit ou de l'idéal. 

Il ne manque pas au monde, de héros ou de rebelles, mais il manque aux rebelles une souvenance-primordiale, ou une seule Vertu-primordiale. 

Le Fils de la Lumière a commencé a être rebelle envers Dieu - il est possible qu'après une période d'expériences dures, il se soit repentit de cette rebellion, et qu'il devienne maintenant rebelle envers le monde, la société, l'injustice et la décadence de la religion. 

Chaque Fils de la Lumière reste un rebelle, soit envers Dieu, soit envers le monde - mais on ne le trouve pas dans la masse morne qui donne son approbation à tout, qui préfère le pain et les jeux, au fait d'être confronté avec l'incertitude et la solitude. 

Beaucoup se cramponnent stupidement à l'idée-de-Dieu qu'on leur a collée - mais le rebelle, lui, est prêta tout rejeter, pour ne garder que le UN; 

c'est ce que Jésus de Nazareth prêchait, dans un sens plus spirituel. 

Savoir tout abandonner, par amour de la conservation de ce UN. 

Chaque Messager fut un rebelle, ses paroles en témoignent - il crie ses accusations et choisit le Chemin étroit des privations, de l'honnêteté, de l'intégrité, et au dédain. 

Ne faut-il pas du courage pour cela? 

Le chemin témoigne de la distinction intérieure, tout comme les méthodes des rebelles sociaux témoignent de leur distinction intérieure. 

Un rebelle politique tue ses adversaires - le rebelle spirituel tue les résistances de son égo - c'est la différence. 

Pour l'homme qui pense intelligemment, il est impossible de conserver les vieilles thèses sociales et religieuses, le dieu de la foule qui regarde avec charité, sur la terre et l'humanité, n'existe pas, c'est une image idéalisée, provenant d'une croyance primitive et d'un espoir naïf. 

Des millions d'êtres sont privés de l'Amour divin, et les hommes les plus iniques semblent profiter de cet amour -

La rébellion dont le monde est le jouet, est surtout dirigée contre une injustice, qui est lentement, mais surement produite par l'homme lui-même. 

La soi-disant "divinité", pleine d'amour, a, dans tous les siècles, joué un rôle subordonné à l'homme - elle a servi ses guerres, et béni ses transactions douteuses. 

En vérité, le rebelle spirituel est en révolte contre une telle "divinité". 

On ne peut pas, pour échapper à l'injustice, au mensonge, et à une dégénérescence qui continue sans cesse, s'adresser à une divinité ignoble, car elle est une avec nous - elle se trouve au milieu de nous, connait notre égocentrisme, notre jalousie, nos désirs, nos appétences, et nos intentions, car elle y est engluée. 

Le Dieu, au nom imprononçable, comme les anciens Le décrivaient, est descendu de son trône, et est devenu l'un des nôtres. 

C'est la raison pour laquelle ces situations de dégénérescence incroyable augmentent de plus en plus, et sont même chalereusement accueillies par beaucoup. 

La Haute Puissance, dont on parlait autrefois à mi-voix, emplit d'égards, est devenue un camarade, comme le veut la tendance de notre époque - il n'y a plus de distance, plus de rang, plus de différence. 

Mais en réalité, il reste toujours des rangs et des classes, même si nous enlevons ces séparations extérieures - cette distance ne se trouve pas entre les rangs et les sociales, entre les peuples et les races, classes la différence se trouve seulement dans la conscience de l'homme - cet état de conscience est différent entre la mère et l'enfant, entre l'ouvrier et l'intellectuel, et aussi entre l'ouvrier et l'ouvrier. 

L'homme lui-même tient a ces différences intérieures de classes, même s'il est pour ou contre la différence de classes. 

La séparation se réalise hors de lui, bien qu'il y ait part de façon directe. 

L'homme orienté spirituellemsnt déplace son domaine d'intêret - cherchant en premier lieu des valeurs meilleures, horizontalement, mais tendant peu à peu au vertical - et il construit ainsi une distinction intérieure, qui va le différencier de son prochain, qui vit satisfait. 

La rébellion ne doit pas nécessairement aller de paire violence, mais elle va toujours avec la résistance, la les sentiments de liberté. 

Jamais autant de gouvernements n'ont été si rapidement renversés par des rebelles, qu'à présent - l'idéalisme devient universel - les planètes rayonnent ces sentiments, et chaque homme réalise son idéal à l'aide de sa distinction intérieure. 

Celui qui refuse de réaliser son idéal, que ce soir par peur, par faiblesse, ou par poltronnerie, n'est pas un rebelle - il est un constructeur de châteaux en Espagne - il n'est ni froid, ni chaud. 

La spiritualité, dans le vrai sens du mot, est déjà une leçon de rébellion, parce que la spiritualité rejette l'adoration du temporel. 

Un homme spirituel perce toujours l'ambition horizontale de la masse, sur son chemin vers le haut - il est souvent un isolé, au début de son chemin, mais il en découvre d'autres, dès qu'il pousse ce cri de détresse intérieure. 

Tous les Messagers de la spiritualité ont connu une telle détresse intérieure, et n'eurent point honte de cela. 

Dans cette détresse, s'extériorisait le meilleur de ce qu'ils possèdaient, et qui se concentrait dans ce seul cri. 

Celui qui n'a pas connu cette détresse ne sait pas ce que veut dire: "être rebelle envers le dieu des dogmes, le dieu pétrifié, l'idole aux deux faces". 

Aujourd'hui, le temps de la rébellion, l'iconoclasme, est déjà commencé, mais le rebelle spirituel ne peut jamais oublier que son temps ne peut être occupé qu'avec la destruction totale des images, son temps doit être utilisé au relèvement, sur les ruines d'une assistance passagère. 

Autour de lui s'écroule un monde, peut-être aimé une fois - c'est la suite normale du mouvement de la roue de naissance et de mort, à laquelle ne sont pas liés seulement les individus, mais toutes les races, les peuples, et les cultures. 

Le "dieu des religions" ne fait rien pour retenir ceci - pourquoi le ferait-il? 

Il est lui aussi soumis aux images temporelles. 

Aujourd'hui règne le "dieu chrétien" - demain règnera "l'hindouisme", ou "l'islamisme" - après-demain, une religion orientale, le yoga et le mysticisme. 

Toutes les religions succombent avec leurs peuples et leurs races, parce qu'elles furent produites par eux, et qu'elles seront reprises par eux. 

Dans la religion, on perçoit déjà un changement: les religions chrétiennes qui dominèrent pendant de nombreux siècles, perdent leur puissance - elles changent leurs aspects, ou elles sont remplacées par de toutes autres idées. 

Ce n'est absolument pas regrettable - ce n'est que réjouissant. 

Aucune religion intérieure n'a besoin de craindre les mouvements tournants de la roue, car elle n'a pas part au changement. 

Depuis les temps les plus anciens, et jusqu'à nos jours, il y a toujours eu en vue un Fil d'Or, auquel les individus et les petits groupes se cramponnent, et leur conviction spirituelle est restée jusqu'à auJourd'hui, la même, invulnérable. 

L'incompréhension, l'ignorance, et les arrière-pensées peuvent changer un dogme extérieur, diviser des mouvements extérieurs, mais le noyau reste dans l'individu. 

Ce trésor spirituel, qui le relie aux individus du passé et du présent, parce que la Religion Universelle unit les individus, au-dessus des limites de l'organisation, de la confusion, des langues et des pays. 

La rébellion, accompagnée du Bon Courage, est une press ion intérieure que son possess eur doit écouter - parce qu'il doit voyager au travers d'un royaume d'injustices, de temporalité, et de mensonges, sur son Chemin vers les Hauteurs de jadis. 

Il n'est pas placé dans ce royaume de la fausse divinité pour s'y amuser, ou pour y édifier un foyer agréable, c'est son royaume de passage, et pour pouvoir le traverser, il doit rester en mouvement. 

Celui qui reste immobile sera submergé, il sera enfermé dans les diverses sortes d'idées, flatté par de nombreuses méthodes. 

Le rebelle doit rester un rebelle envers la divinité qui s'est abaissé jusqu'à devenir un avec la masse, y compris le péché et le manque de lumière. 

La Lumière se rebelle contre la lumière-apparente - elle est, dans l'évangile de la Pistis Sophia, continuellement en révolte contre les éons, et contre les Archontes - elle veut fuire leur royaume, et c'est Justement ce que le spiritualiste cherchant véritablement, veut aussi, bien qu'il ne sache pas distinctement vers ou se diriger. 

Pour échapper à l'emprise de l'Archonte de la masse fataliste, le rebelle ne doit compter que sur sa "petite Force" intérieure, et il doit, avec Elle, risquer et oser le Saut, et envoyer ses aspirations dirigées verticalement, à travers les désirs horizontaux de la masse dominante, comme une flamme effilée qui disperse les brumes grises qui l'étranglent. 

Si l'homme spirituel, vous et moi, veut vraiment être libre, il ne lui reste pas d'autre possibilité. 

Parce que tout est entrainé dans cette pression vers le bas, et que presque tous basent leur espoir sur les phénomènes temporels. 

Le Fils de la Lumière se prostitue à l'Archonte démoniaque quand il trahit sa Noblesse spirituelle. 

Alors, oui, alors il nie sa distinction, et il se mêle avec ceux qui mangent à l'auge des cochons. 

Aussi longtemps que l'homme n'est pas devenu une unité, mais est divisé par toutes sortes d'avantages, d'idées et d'interêts contraires, on ne réussira jamais à réaliser une Unité pour Tous. 

Un élément qui lie et donne aux groupes le Pouvoir d'unité est toujours un but, ou un idéal commun très désiré, soit vers le mal, soit vers le bien. 

La ou l'homme est divisé en lui-même, il ne peut connaitre de but, ni d'idéal, pour lequel il voudrait se donner la peine de tout sacrifier, et cela reste, ainsi, une illusion. 

Le rebelle spirituel connait l'Amour de son Royaume perdu, et son Père une fois quitté, et pour retrouver cette situation, il est disposé à aller le Chemin vers le Haut, à travers toutes les résistances - un Chemin étroit, et de temps en temps, étrange, mais un Chemin qui le conduit toujours plus près de la Réalité supposée perdue - et qui pour cela, le remplit d'une Joie calme et constante, dans laquelle se trouve sa Source de la Paix Profonde. 

La Paix Profonde qui guérit son cœur quand il le sent blessé, et qui console son âme quand elle se sent vide, et éclaircit son penser quand il découvre ses limites. 

Cette Paix Profonde accompagnait chaque rebelle spirituel dans le passé, et dans le présent, et lui donnait, et lui donne le Bon Courage, qui lui fait vaincre le monde dans tous ses aspects. 

Cette Paix Profonde est la corde qui relie les rebelles, face à l'archonte du monde apparent - et qui les recueille dans le Royaume, qui n'est pas de cette terre, mais qui s'étend dans, et sur tous ceux qui sont éveillés, dans la plénitude des temps.

©1977-2015 Henk et Mia Leene