191 - La responsabilité de la liberté

Il n'y a probablement aucun mot qui ne soit plus abusé que le mot: Liberté.  

Tout homme a sa propre conception de la liberté, et tous disent: 

"Là où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir!" 

Mais en réalité, il n'y en a pas un seul qui soit libre - et tout au plus, on ne connaît la charge de la liberté que très sommairement. 

Une liberté limitée est possible, sous le couvert des lois sociales; l'homme est lié au maximum de ce qui est admissible, qu'importe ce qu'il en pense lui-même. 

Dans la spiritualité, il n'y a de lois que celles que l'homme s'impose à lui-même. 

Entre le matérialisme et la spiritualité se trouve le franchissement de la limite entre l'orientation égotique, et l'orientation de l'âme.  

Ce sont deux mondes et deux espèces de lois distinctes.  

La loi du monde extérieur est une loi extérieure, une norme imaginée et conçue par l'homme. 

La Loi du monde intérieur est une Loi intérieure, innée dans l'homme, mais qui se déclare seulement que lorsque l'homme intérieur domine l'homme extérieur. 

La liberté tant glorifiée et tant désirée, se trouve à la ligne de démarcation entre la loi extérieure et la Loi intérieure.  

La liberté ne veut rien dire d'autre que: Laisser développer ses propres interprétations, ses normes et sa conscience.  

Ceux qui sont forcés de toujours faire violence à leurs idées, leurs pensées, leurs normes et leur conscience, parlent toujours d'une liberté qui viendra peut-être un jour. 

Mais ils oublient que tout homme à cette liberté entre ses mains et que tout homme se lie à quelque chose.  

Personne ni est vraiment libre - ni matériellement, ni spirituellement. N'est libre - que l'homme complet, c.à.d. l'homme qui se maîtrise, ou l'homme qui s'est vaincu lui-même.  

Aussitôt que l'homme-égo est dominé par l'homme-âme, il entre dans un autre monde - le monde spirituel où les lois spirituelles sont en vigueur. Et la Loi spirituelle est beaucoup plus lourde que la loi extérieure du monde visible.  

L'homme fait ses propres lois à côté des normes existantes. 

La liberté - c'est d'accepter la responsabilité - et combien de personnes peuvent et veulent-elles faire ceci.  

C'est ce qui fait que la grande masse se lie à une loi, à une autorité. 

La responsabilité pèse trop lourdement, et elle est toujours pour les hommes forts! Ces mêmes normes sont valables dans la spiritualité. 

La responsabilité demande un homme autonome qui accepte la souffrance, qui sache maîtriser la liberté, et qui sache faire un choix décisif. 

Il n'y a que peu d'hommes qui possèdent ces trois dons.  

Ils sont cependant le résultat de cette liberté, homme pourra quelque peu l'éprouver, tout homme qui se dégage d'une autorité. 

C'est ce qui fait que la plupart d'entre eux se rangent de nouveau, aussi vite que possible, sous les ailes d'une autre autorité. 

La responsabilité renferme un danger en elle-même: 

Le danger de la destruction de soi-même, 

le danger de l'échec, 

et le danger de souffrir. 

L'homme veut, en principe, être libre, mais dès que cette liberté frappe à sa porte, il se cache peureusement derrière une autorité. Cette angoisse envers la responsabilité et la liberté est la cause de l'enchaînement de l'homme aux autorités apparentes qui le manipulent à travers son angoisse. 

Porter et prendre sa responsabilité est la lourde tâche de l'homme: individuel, qui s'est délivré à tous les égards.  

On ne peut porter sa responsabilité que lorsque l'on est purifié et mûri par la souffrance, et que lorsqu'un dur chemin d'épreuves a obligé l'homme à faire son Choix.  

Le moment arrive alors où l'on ni est plus dominé par les angoisses et les désirs - l'homme est alors libre.  

Libre de percevoir jusqu'au Pays des Loi spirituelles. 

Devenir libre, ce ni est pas un tel art - mais être libre est plus difficile. 

La vie des hommes est parquée par des tentatives vers la liberté, qu'importe par qui et pourquoi - Cela commence déjà dans la jeunesse. 

L'enfant, l'adolescent et l'homme adulte marquent leur chemin de vie par les actes dirigés vers la liberté et jusque dans la vieillesse, l'homme reste dans sa tentative vers la liberté et cette situation le retient lié, parce qu'il lui manque l'énergie pour s'arracher.  

L'ambition spirituelle de l'homme est, de même, marquée par des tentatives vers la liberté, et on appelle cela: la recherche de l'homme spirituel. Il va de religion en religion, de doctrine en doctrine, et pour finir, il s'arrête à son dernier centre d'intérêt.  

Il en est ainsi dans la vie de nombreux hommes - Quand l'homme finira de vivre sa recherche de la liberté, il s'affaiblira, son énergie diminuera et l'animation s'éteindra. 

Tout hérétique s'est délivré de l'autorité - tout homme spirituel pour chassera aussi longtemps l'idéal de sa liberté, jusqu'à ce qu'il passe la frontière entre la matière et l'Esprit et qu'il s'aperçoive que la loi extérieure a fait place à une Loi intérieure. 

C'est une découverte! 

Il peut maintenant faire extérieurement ce qu'il veut, mais, par son développement spirituel, il est empêché de faire ce que son égo désirerait.  

Alors, on peut parler du devenir-conscient de l'Arbre-de-Vie qui est planté dans le cœur de l'homme et qui absorbe sa sève de l'Essence-de-l'âme.  

Cet Arbre-de-Vie qui demande des soins et de l'amour, charge l'homme avec la responsabilité: C'est l'arbre auquel il pend son être instinctif. 

Cet Arbre-de-Vie déploie ses branches dans l'être entier de l'homme, et il le ressent partout - dans son cœur, dans son bassin, dans sa tête, dans son activité - il devient ainsi l'autre, l'arbre, l'être qui croît par le Champ des Vibrations spirituelles. 

Il remarque à chaque pas, à chaque pensée, la présence et les mouvements de cet Arbre-de-Vie, et il ne peut plus s'en détacher: de telles tentatives lui font mal. Un tel homme a vraiment dépassé la frontière entre l'homme instinctif et l'homme spirituel. 

Il s'est élevé dans un autre monde, il possède une autre prise de conscience, il découvre de nouvelles normes et ne soucie plus des lois extérieures, des angoisses instinctives et de l'intérêt de l'égo. 

Cet homme est libre, de la manière qu'il a toujours désiré. 

Et pourtant, il est lié plus que jamais. 

Il semble libre aux yeux de ses prochains, mais il porte un fardeau sur ses épaules, que la plupart ne pourrait pas soulever: Il a accepté la douleur et il a fait son Choix, parce qu'il était placé devant un fait accompli, à cause de son développement spirituel. 

Notez bien que, si vous aimez la liberté, le chemin vers cette liberté, exige un développement intérieur. 

Le chemin de l'humanité, à travers toute l'histoire, a été un chemin qui fut marqué par les relais chez les diverses autorités, aussi bien religieuses que sociales.  

Chaque peuple choisit sa propre direction - chaque homme choisit son propre guide ou autorité - chaque homme spirituel choisit son point de repère spirituel en rapport avec son développement spirituel.  

La croissance intérieure demande un changement de nourriture spirituelle, ou bien elle demande la liberté.  

La liberté de choisir sa propre nourriture ou de changer continuellement de nourriture. Le risque que l'on court, d'être empoisonné par la nourriture, se trouve dans la responsabilité qu'apporte la liberté. 

Les esclaves se fient au choix de leur maître, et prennent ce que l'on leur offre. Les hommes libres préfèrent le risque de la douleur, du danger et de l'angoisse pour arriver à la perfection de la nourriture. 

Est-il étonnant que seul, un petit nombre d'hommes, prennent ce Chemin vers la Liberté? 

Est-ce qu'une vie abritée, protégée et assurée n'est pas préférable, à des résultats incertains? 

Seul l'homme animé par l'âme osera accepter le risque du danger, de l'échec et de la responsabilité. On connaît deux espèces d'hommes: Les personnalités fortes les puissants égocentriques qui bravent les risquent des lois extérieures, et les hommes fortement animés par l'âme qui acceptent les risques d'une vie agitée. 

Entre eux, se meuvent les égos faibles qui trouvent une vie assurée, plus sécurisante, et les âme faibles, qui trouvent une puissante organisation religieuse, ou une autorité, plus sûre. 

Les égos forts n'appellent pas la liberté, ils la saisissent et l'emploient à leur propre service. 

Les âmes fortes se délivrent au moyen de leur développement spirituel et éprouvent la Liberté la plus haute dans leur liaison avec leurs co-âmes.  

Tous les égos prisonniers et toutes les âmes enchaînées par l'esclavage religieux, rêvent que la liberté et en parlent sans cessé. Le prisonnier ne rêve-t-il pas des vastes espaces de la liberté, et affamé, de nourriture délicieuse.  

Personne n'est plus emprisonné que celui qui crie pour sa liberté, et personne, moins que lui, ne saura supporter sa responsabilité lorsque celle-ci lui sera proposée. 

La société moderne est fondée sur la bienveillante collaboration des esclaves, des prisonniers et des ouvriers. 

On ne peut pas créer une hiérarchie sans qu'il n'y ait d'esclaves, et que l'on ait des esclaves à son service. Aucune hiérarchie ne peut exister sans l'angoisse des faibles qui se mettent volontairement à disposition, comme esclaves.  Notre 20-ème siècle sonne l'heure de la liberté, comme disent beaucoup, mais combien d'entre eux en sont déjà là, à pouvoir supporter cette responsabilité de la liberté? 

Personne n'est libre qui ne se maîtrise pas lui-même, dit Epictète. 

Qui sait se maîtriser, même lorsque de lourdes circonstances se présentent et que l'on doit prouver qui l'on est?  

Il en est ainsi alors pour la liberté du Choix, et pour la responsabilité de cette liberté. 

Pour la plupart des hommes, c'est l'autorité qui fixé où Dieu se trouve, où est le chemin, et de quel côté on doit se diriger.  

Et les disciples répètent ce qu'ils entendent, mais ils ne prennent pas la responsabilité de leurs paroles, et ne savent pas la prendre, parce qu'il a ne savent pas de quoi ils parlent, ils ne sont pas libres! 

Libres envers leur conscience - 

Libres dans leur développement. 

Le Druide dit: " L'homme complet et la Liberté sont UN." 

L'homme croît d'abord, et au moment où il est complet, il est Libre. 

Il est alors l'homme d'Epictète: Maître de soi, dans la meilleure signification du mot, le Maître de " la quatrième carte du Tarot. 

Ce n'est qu'à ce moment que l'âme se fait connaître à lui, parce que l'âme aime la liberté, et qu'elle ne peut pas croître ni vivre sans cette liberté!  

Personne ne peut délivrer l'homme tant qu'il est protégé contre lui-même par toutes sortes de lois extérieures. 

La délivrance de l'âme n'arrive pas avant que l'homme ne soit libre. 

La plupart des hommes ne suivent pas le Chemin spirituel d'une manière ordonnée - ils prennent par ci, par là, une bouchée et se sentent temporairement satisfaits, mais le Chemin spirituel de l'Initiation-de-soi signifie, monter régulièrement, pas à pas, degré par degré, se développer, se libérer. 

Devenir libre de l'angoisse, devenir libre de ses désirs, devenir libre de l'instinct primordial d' "avoir".  

Cela va sans dire donc, que celui qui ne connaît pas l'angoisse et qui ne possède plus de désirs, devient libre de lui-même!  

Alors, il est également logique, qu'il ose prendre sa responsabilité, parce qu'il ne craint ni la souffrance, ni les dangers. 

Tous les grands sages, les messagers, les prédicateurs qui étaient vraiment libres, finissaient dans la liaison avec leurs co-âmes, dans les dangers et dans les risques. 

Pourtant, ils étaient libres! 

Libres d'eux-mêmes! 

Libres de la loi extérieure. 

C'est justement parce que l'homme moderne du 20ème siècle est tellement lié à ses propres créations qu'il a la bouche pleine du mot: liberté. 

Son esclavage - en comparaison avec celui du moyen-âge - a changé de forme, mais, il est présent, les chaînes sont seulement devenues plus longues et sont traînées un peu plus-loin.  

Si vous lisez les hypothèses scientifiques concernant l'avenir de l'humanité, vous comprendrez à quel point l'homme est et sera l'esclave de sa propre illusion de liberté!  

Les robots, les calculateurs, l'insémination artificielle - tout est réglé par un cerveau mécanisé.  

L'homme lui-même, en tant qu'individu, s'est mis hors circuit.  

Est-ce, cela la liberté?  

Et pourtant, la science voit cela comme un monde idéal - ou les risques d'un mauvais choix, les réactions humaines involontaires seront éliminés. 

L'Ere d'Aquarius anime la liberté, mais d'une tout autre manière que l'homme ne le suppose. Le "devenir libre" de soi-même, de ses instincts sera semblable à être enchainé à la mécanique, la machinerie sans émotion et sans âme. 

L'homme, comme machine à penser cérébrale, a inventé une bonne imitation de la liberté de l'âme. 

Les influences d'Aquarius animent -l'apparence, astrosophiquement parlant. 

L'apogée de l'Ere d'Aquarius apportera la domination de la science, et de l'imitation intellectuelle. L'homme deviendra la victime de ses propres inventions - et la fable de "l'apprenti-sorcier" deviendra réalité. 

On reconnaît également dans cette fable, la poussée vers la liberté, pour se dégager de l'autorité, du magicien.  

Cela ne suffit pas d'apprendre la formule magique par cœur, il faut en connaître tous les aspects, tout comme l'on doit connaître la Vérité spirituelle pour pouvoir distinguer les risques de l'Initiation-de-soi et de la Liberté. 

Personne ne protège l'homme autonome, s'il n'est pas lié à une Loi spirituelle. Il se trouve vraiment seul et il doit posséder justement pour cela, un Dieu intérieur, une Source intérieure, une autorité innée qu'il appelle âme ou esprit! 

Tant que cet Esprit n'est pas vivant, l'homme n'est pas apte à supporter cette liberté, il doit encore être guidé, qu'importe comment ou par qui. 

Mais un homme guidé n'a pas besoin d'être un esclave. 

L'esclavage, la servilité, empêche de penser librement. 

Etre guidé, c'est temporaire, si le penser indépendant est stimulé. 

L'autorité qui prive ses disciples du penser indépendant, est un négrier qui vit de leurs services.  

Celui qui favorise le développement, aime ses co-âmes et les conduit vers la liberté. 

La Liberté spirituelle sera transmise aux co-âme. 

La liberté égocentrique ne sert que l'intérêt personnel.  

Plus d'un, pense que se plier aux lois de la discipline est lourd à porter. Ne vous y trompez pas. 

Il est beaucoup plus difficile de vivre en liberté et de faire ses propres lois, parce que chaque faux-pas, chaque faute est rejeté sur ses propres épaules.  

Posséder la liberté, lutter continuellement pour être libre, est un chemin dur, mais c'est un développement, un mouvement.  

Celui qui ne se meut plus iritérieurement a cessé de chercher la liberté, et il est devenu indigne de la posséder. 

Le mouvement c'est le développement, la croissance, la maturité.  

Il n'existe pas dans la spiritualité, quelque chose comme "prendre sa retraite", parce que dans l'Esprit, la Vie continue d'une manière ininterrompue.  

C'est un Courant incessant dans le quel l'âme doit se baigner, se rafraîchir, se nourrir, pour pouvoir croître. 

L'organisation, la hiérarchie spirituelle sont des choses mortes - c'est un cadre dans lequel on veut garder une précieuse possession, mais l'Esprit n'est pas à emmurer, ni à lier à des lois extérieures. 

Il est Libre, comme l'homme qui Le possède est Libre et reste Libre.  

Et cette Liberté lui assure la Vie qui est Mouvement et Croissance. 

L'homme existe extérieurement, il peut intérieurement vraiment Vivre s'il cherche l'Esprit. 

Et, Celui-ci se fera connaître volontairement si l'homme en est digne, c.a.d. si c'est un homme-âme qui ne connaît ni angoisse, ni désir. Parce que "l'Etre" véritable, qui élimine "l'avoir" se trouve à l'intérieur de l'homme, Là où l'Esprit, qui EST Eternel, demeure.

©1977-2015 Henk et Mia Leene