189 - La simplicité des sages

L’Ere d’Aquarius, c.à.d. notre intéressante époque, apporte l'adoration et la culmination de l'intellect.

Jamais auparavant, limportance du développement intellectuel navait été si intensivement accentué — les parents dadolescents connaissent cette pression du développement intellectuel.

Lentrée des calculateurs dans notre société, obligera les générations à venir à penser mathématiquement.

Les mathématiques ne sont pas un travail créatif, mais un travail de reproduction par le penser.

On a donc besoin pour cela dun cerveau fort et bien organisé — Le résultat de cette reproduction intellectuelle est seulement basé sur un avantage biologique. Un avantage auquel aucune main humaine contribue,mais qui est provoqué par la combinaison d'éléments chimiques dans le corps biologique.

Lintellectualisme est donc le résultat d'une biochimie dans le corps matériel humain.

Cest pareil à la raison" dont Pimandre dit, à Trismégiste:

O Trismégiste, niez un peu votre raison, et vous reconnaîtrez facilement comment l'oeuvre de Dieu est UN.

Je suis — dit Pimandre — la Pensée de celui qui est né de lui-même. Je suis celui que vous désirez, et suis toujours près de vous.

Le Pimandre

Dans toute l'œuvre de Pimandre, on reconnaît cette lutte primordiale entre la raison et La Pensée. Cette lutte est actuellement en pleine activité autour de nous! 

La raison, l'intellectualité opprime toute possibilité d'existence de la pensée - l'Idée élevée et sanctifiante qui s'élève de l'homme régénéré.  Cette Pensée donne à l'homme la simplicité des sages et non pas la perspicacité intellectuelle de l'entraînement cérébral. 

La Pensée, le "Penser hermétique" va bien avec la raison humaine, mais Elle se retire dès que l'accent est placé sur l'entraînement intellectuel intensif.  

Où l'un se trouve, 'l'autre ne peut pas être. 

Se livrer à la reproduction intellectuelle exige le sacrifice de la simplicité des sages, et démontre en fin de compte une pauvreté, par la perte de l'Essence-de-l'âme qui était répandue par la Pensée. 

La simplicité n'est que trop souvent déclarée synonyme de pauvreté ou de primitif. 

La simplicité des sages contient cependant trois dons indispensables: 

  • Le cœur —
  • La reconnaissance de Dieu —
  • L'intégrité. 

Du cœur proviennent ces paroles sages imprégnées et rayonnantes de Lumière, qui savent atteindre chaque homme, soit qu'il soit devenu  voyant, mais aveugle, ou entendant mais sourd. 

De la Reconnaissance de Dieu proviennent l'humilité, l'amour désintéressé et la religiosité originelle - et de l'intégrité, proviennent la Vérité, la fermeté et la persévérance. 

Ceux qui ne reconnaissent pas cette simplicité des sages, manquent de l'organe essentiel de la reconnaissance: La Souvenance archaïque de leur Origine Divine. 

L'entraînement intellectuel, surtout dans le domaine de la religion, de la science naturelle et de la théologie, force l'homme à s'adapter aux normes humaines et l'empêche, de dépasser ces normes. 

Le développement intérieur, avec la conservation de l'Essence spirituelle ou du don naturel inné de l'âme, se réalise par le Chemin du cœur. Le cœur est l'organe le plus mystérieux dans l'homme, et seul l'homme vivant spirituellement peut redécouvrir le Haut Don du cœur.  

Il va alors se développer dans son penser, et non pas dans sa raison; il pense par la sagesse intuitive du cœur, et la raison, l'affirmation logique de ce qu'il sait, viendra plus tard, par des circonstances extérieures à lui.  

Le sage "marche avec Dieu", et c'est donc une chose tout à fait naturelle qu'il devienne le "confident de Dieu".  

Il peut jeter un regard sur les lois de base de la nature et de l'Esprit, et son monde devient illimité - mais il ne perd jamais la simplicité des sages, qui est si abstruse qu'elle vainc les attaques du temps. 

L'homme intellectuel a honte de la simplicité, parce qu'il ne la connaît pas et la juge faussement. 

Le jugement est également une question de cœur, et non une fonction cérébrale. C'est justement parce que les dons du cœur ont été perdus, comme nous pouvons le constater actuellement partout, que l'humanité arrive dans un labyrinthe de malentendus. 

De là résultent de nouvelles incompréhensions, des notions fausses, des guerres, des stupidités contre-nature, et l'homme creuse ainsi son propre tombeau, alors qu'il croit être plus près que jamais de la vérité divine! 

Il recouvrée son tombeau de plâtras, avec des doctrines perspicaces, des théologies, et il se sent heureux dans l'obscurité de la caverne parce qu'il a oublié le souvenir de la Puissante Aurore du Pays spirituel, et qu'il se contente avec le crépuscule de sa présomption. 

Il y eut des temps où le néophyte - l'homme désirant spirituellement, ne devait que contempler quelques lignes dessinées pour parvenir à l'Idée des mondes illimités. 

Pythagore connaissait le Noble Art des pensées, et son art est enseigné jusqu'à nos jours dans les écoles, bien que l'Essence et le But soient perdus. 

La raison devient fatiguée lorsqu'elle doit se concentrer pendant des heures ou des jours sur des lignes ou des images simple. 

Le penser lui, s'élargit et en est éclairé! 

La simplicité des sages vient dans le Silence de la régénération par le cœur et le penser.

Par cela furent écrits ces merveilleux et simples Gatha de Zarathoustra, comme celui-ci: "Prenez courage et parlez comme le Seigneur vous L'a mis dans votre cœur, même si vous rencontrez l'affront et le sarcasme auprès des amoureux du mensonge. 

Auprès des amoureux de la Vérité, vos paroles, tomberont comme de la Rosée dans "leur âme". (Yana 31) 

Les "Paroles qui tombent comme de la Rosée dans les âmes de ceux qui écoutent" doivent posséder cette Essence Divine, par laquelle, après la nuit de ténèbres, la création se réveille. 

Le cœur et l'âme doivent être nourris, et aucune explication intellectuelle ne possède cette faculté.  

Celui dont l'âme reçoit de la nourriture, ressent une joie, une gratitude et subit une sensation comme s'il devenait un avec une puissance supérieure. 

Une telle chose peut être provoquée par quelques paroles, mais également par un témoignage intérieur.  On ne dit pas alors: Il ou elle a bien parlé, mais on se tait, ou l'on échangé un regard, une poignée de main.  

La raison, la rhétorique, est un art appris. Manier le verbe suivant la loi intérieure est un Don-de-l'âme - et ces deux: raison et verbe, ni ont comme seul point commun l'un avec l'autre; qu'ils doivent s'aider de la langue, de la parole. 

Derrière les paroles simples des sages, rayonnent leur savoir intérieur, leur cœur et leur âme - derrière la rhétorique se trouve le cerveau, la science de la psychologie et de la reproduction. 

Le temps d'Aquarius est la période dans laquelle la croyance et la science, autrement dit: Le penser-du-cœur et la raison vont se rencontrer. Il peut s'ensuivre une pauvreté intérieure, bien que l'on soit chargé de connaissance scientifique - ou bien, il peut croître une reconnaissance de la simplicité perdue dés sages et de l'Essence-de-l'âme. 

L'Essence-de-l'âme n'est cependant pas à déterminer, ni à étudier, ni à prendre - Elle EST. 

Elle est perceptible, indéfinissable d'après les possibilités insuffisantes du langage, mais Elle est présente et reconnaissable pour tous ceux qui sentent tomber la Rosée de la Sagesse dans leur âme. 

L'humanité est affamée, comme l'on dit, elle désire la vérité, elle aspire à la connaissance et elle veut enfin savoir! 

Oui - c'est un phénomène caractéristique d'Aquarius. 

L'humanité balance entre la satisfaction dans l'hypocrisie, et le retour à la sainteté. Les méthodes très étendues et raffinées de l'hypocrisie, inondent l'humanité de l'Est à l'Ouest et du Nord au Sud. 

Le Souffle de la Sainteté menace d'être étouffé!  

De là vient qu'actuellement l'homme apprécie tant une parole simple, la sobriété, des matériaux honnêtes, du travail fait à la main. 

Bref, tout ce qui a un rapport avec l'intégrité.  

La lutte entre l'hypocrisie et la Sainteté s'envenime, et nous allons certainement être témoins de la confrontation formidable dans laquelle la science s'efforcera d'ajuster la "gnose-du-cœur" à sa propre raison bornée. 

Et ce que l'on ne peut pas vaincre, on doit s'efforcer de l'accaparer, n'est-ce pas?  

Ou de le disséquer par le raisonnement et de le déformer ainsi. 

La simplicité des Sages n'est jamais bornée dans l'intellect, elle échappe, elle se perd dans le vague - la sage simplicité se retire et ce qui reste, n'est rien d'autre que des mots vides! 

Cela ne s'est-il pas toujours déroulé ainsi dans l'histoire de l'humanité?  

Nous étouffons sous les paroles de toutes sortes de messagers. 

Nous périssons dans les théories et sur les interprétation. 

Nous nous accrochons à leurs explications et à leurs savants exposés. Mais nous avons besoin de la "Rosée pour l'âme" et nous cherchons alors ce vieux livre jauni dans lequel quelques paroles d'un sage ont été écrites dans un langage direct!  

Lorsque nous avons cherché partout, lu toutes sortes de livres, entendu des discours, assisté à des conférences, suivi des méthodes pour l'élargissement de la conscience, appris des entraînements pour l'égo, vient alors tout à coup ce moment précieux et de grande valeur où l'homme est forcé de rester immobile, c.à.d. il est rassasié et reste seul avec la faim insatiable de son âme - et dans un tel moment, il tend vers la simplicité des sages, vers des paroles qui coulent le long de son âme comme des Courants d'Eau rafraîchissants, comme des Rayons de Soleil réchauffants.  Et de cela peut naître la Reconnaissance: "La somme de tout savoir, c'est que je ne sais rien!"  

Mais il peut aussi si élever une danse macabre, dans laquelle la raison s'élève elle-même pour une revanche sur l'âme. 

Il s'ensuit alors de nouveau une lutte, et cela continue ainsi jusqu'à ce que l'âme se rende, et cet homme reste alors vide, comme la parole intellectuelle. S'attachant avec pauvreté à tout ce qu'il a lu, étudié, entendu et appliqué. 

C'est une reproduction inanimée de l'homme originel. 

Ce n'est pas pour rien qu'Epictète dit: "Si l'on ne sait pas se dégager de l'honneur et de la reconnaissance, on ne doit pas suivre le Chemin des Philosophes". 

La philosophie est devenue une étude intellectuelle. 

Le "désir vers la sagesse" culmine dans une chaire universitaire et pourtant l'homme n'en devient pas plus sage, ni philosophe!  L'homme qui ose prêcher la simplicité, qui ose la répandre dans ses paroles et ses actes, est un homme courage et il reçoit ce que le stoïcien dit: L'affront, la raillerie, le mépris et le dédain.  

Quand le sage entre dans le monde de l'esprit raisonnable, il risque la solitude, le ridicule et la méfiance.  

Mais il ne fuit ni n'évite ce chemin, parce que les pauvres "en esprit" habitent dans le monde intellectuel, et les âmes ont soif de la Rosée de la Vérité. 

On doit seulement risquer la rencontre entre la raison et le penser-du-cœur, car de cette confrontation naît toujours quelque chose - soit la désapprobation, soit la redécouverte de la Richesse de la Sagesse. 

Le désir "vers la sagesse" fait aborder l'homme dans les champs arides de la raison, et cela est tragique. Une tragédie immense se déroule devant nos yeux - on enlève à l'homme le plus précieux de ce qu'il possède, et il reçoit en échange une imitation - la Perle du Cœur est échangée contre la pierre de la raison.  

N'y a-t-il seulement que l'homme vraiment possédé par la volupté de Vénus, qui se contente de cela? 

L'homme qui se contente avec le "petit bonheur" ou la volupté, l'extase de l'âme, ou la volupté, la passion, des sens? 

Y aurait-il un homme animé par l'âme qui voudrait échanger sa Perle du cœur contre la lourde et considérable pierre de la raison?  

Pourrait-il jamais se laisser persuader à cela? 

L'âme peut-elle être jamais persuadée?  

Ne suit-elle pas son propre Chemin et ne cherche-t-elle pas ses propres possibilités. 

"L'ignorance vaut encore mieux que la science-de-la-tête sans la sagesse de l'âme pour l'illuminer et la guider" - dit La Voix du Silence (Les deux Sentiers). 

L'homme qui est touché par son âme n'est jamais ignorant - il peut être indolent, et de mauvaise volonté, sourd et aveugle, mais il n'est jamais ignorant, justement parce qu'il fuit son Intuition, nie et fuit sa Conscience. 

C'est justement son "savoir" qui le pousse vers des chemins ridicules. Mais, même 'l'ignorance, c.à.d. n'être rien d'autre qu'un homme naturel, vaut mieux que le savoir-de-la-tête sans la sagesse de l'âme.  

Se refléter dans un savoir apparent est pire qu'échapper au savoir intérieur ou que s'absorber dans la stupidité. L'homme se fuyant lui-même se baigne dans l'ignorance, il se remplit de connaissance, mais reste ignorant, alors qu'il pourrait savoir. 

C'est pénible naturellement! 

Lorsqu'un homme qui "sait intérieurement" veut s'oublier dans l'hypocrisie, seulement par angoisse des conséquences qui accompagnent le don du "Savoir", alors les paroles: 

"Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font" ne lui sont pas applicables, mais alors résonnent pour lui les paroles:  

"Ils seront perdus parce qu'ils ne possèdent pas la Connaissance". Notre temps moderne est pauvre en sages, mais riche en philosophie désir vers la Sagesse, ni engendre cependant pas de sages, car le sage vient en premier, et après lui vient la Sagesse. 

Et jamais le contraire.  

Tout comme la théologie n'offre pas la Connaissance Divine parce qu'il faut d'abord être un homme-de-Dieu pour pouvoir créer la Théocratie. 

Il y a d'abord une âme, après cela, vient l'Esprit qui devient UN avec l'âme. 

La sagesse croît avec le développement du sage. 

Le Sage intérieur EST Présent et il prend possession de l'homme, de son organisme, de cet instrument temporel qui est mis à la disposition de ce Sage - et ses gouttes de Rosée deviennent plus fréquentes et plus intensives à mesure qu'il se découvre.  

Avec sa sagesse croît également sa simplicité, parce qu'il ne craint plus le jugement des hommes. Mais cette simplicité est uniquement une richesse de l'âme et n'a rien à voir avec l'apparence extérieure. 

L'homme ose alors tenir tête à la reproduction intellectuelle, et mettre sa sagesse simple à côté de la connaissance de la raison, et il sourira lorsqu'il verra combien sa Perle Pure resplendit dans une simple Pureté, et comme la perle de la raison répand sa fausse lumière qui ne peut que ravir les ignorants.  

C'est la simplicité des sages qui nous guérit lorsque nous sommes las de la vie, et engourdis par les cris des hypocrites, et lorsque nous sommes affamés, bien que tous veulent nous donner à manger. 

Cette simplicité qu'on ne peut pas apprendre, qui est généralement vilipendée, mais qui contient la Rosée de l'âme.  

Puisse-t-elle, cette simplicité des sages, être répandue par les cœurs de ceux qui possèdent la Pensée, de façon qu'aucune âme ne cherche en vain de la nourriture.  

Que cette âme puisse rester affamée, qu'elle puisse garder sa soif, afin qu'elle mange éternellement du Pain de Vie, et boive de la Rosée des Dieux qui, dans la simplicité des Sages, est toujours dispensée pour elle.  

Nous vous souhaitons une telle âme affamée!

©1977-2015 Henk et Mia Leene