169 - Le destin de l’ego et la liberté de l’ame

La science et la culture qui progressent tant, n'ont pas contribué à délivrer l'homme de L'instinct primitif de: la peur. 

Au contraire - On pourrait dire qu'à notre époque "protégée", l'homme est plus que jamais victime de la peur et de l'angoisse. 

L'angoisse pour toutes sortes de dangers imaginaires et existants: 

La crainte des personnes autoritaires, ou des puissances concentrées. 

L'homme suppose que la protection élimine la crainte, mais la crainte ne se laisse jamais éliminer par une circonstance extérieure, parce que c'est une possession individuelle qui est formée dans le cerveau. 

L'émotion violente et souvent insoutenable de la peur est le fruit de L'intellect. 

Toutes les émotions sont engendrées et stimulées par le penser. 

Le cœur, que l'on nous représente comme le centre des émotions, est totalement en dehors de la crainte. 

Le cœur, dans les cas graves, est touché par cette peur et refuse de poursuivre son travail. 

La peur attaque aussi bien les muscles volontaires que les muscles involontaires - c.à.d. que notre volonté n'est pas en état de dominer cette crainte. 

Car elle attaque nos organes - qui forment nos positions les plus faibles. 

La crainte - comme on dit - a pour base le maintien-de-soi, la crainte-de-l'existence. 

Et vu que ce maintien-de-soi est le but de l'homme égocentrique, la peur appartient à l'attitude-de-vie égocentrique. 

C'est naturellement facile a dire - mais pas si facile à faire! 

La crainte siège trop profondément dans la créature humaine pour qu'une psychothérapie moderne puisse l'expulser tout à fait. 

Donc: les psychiâtres prétendent que la crainte est un symptôme normal et sain. 

En effet! 

Dans une existence-de-vie iù la créature s'efforce de détruire l'autre, la crainte est une compagne permanente. 

Cet emportement de destruction de part et d'autre n'a pas diminué au cours des siècles - et a même augmenté - et l'homme cultivé a seulement appris à masquer cette peur, et a se montrer extérieurement courageux et maître de lui. 

Mais, cela ne veut pas dire que la peur n'a pas placé ses aiguillons dans les points faibles et secrets de cet homme. 

N'y a-t-il jamais eu une époque ou la névrose ait pris une telle proportion qu'aujourd'hui? 

N'y a-t-il pas de nos jours, un plus grand nombre de neurologues, de psychiatres et de thérapeutes au travail qu'auparavant? 

Des organismes administratifs sont créés pour la protection de l'homme - alors que cet homme creuse lui-même sa tombe par la crainte, aussi bien des organismes que de la soi-disant protection! 

Le cercle hors duquel une échappée n'est plus possible va être fermé hermétiquement par l'homme lui-même, parce qu'il a peur. 

Pourtant, ce doit être possible d'extirper cette peur - de sorte que l'individu concerné puisse sentir au moment même, la liberté comme une puissance invincible. 

La crainte et l'égo sont cependant une unité - si l'on écarte la crainte, on doit en même temps pouvoir écarter toutes les émotions de l'égo. 

Et qui fait cela?! 

Qui est à ce point debout au-dessus de son égo qu'il ne craigne plus l'attaque de ce "moi"? 

Le "moi" est le moteur de l'existence humaine, autour de ce "moi" tournoient toutes les émotions, toutes les manœuvres de la vie. 

L'homme qui fait le voyage-de-l'égo est occupé à se satisfaire lui-même - il est peut-être considéré comme un être intègre - cependant, il n'y a presque aucun homme qui ne fasse ce voyage-de-l'égo. 

Le modern-sensitivity-training des thérapeutes est destiné à conduire l'homme vers une connaissance et une découverte de soi-même, par lesquelles, il verra et guérira ses névroses, ses défauts psychiques - 

A vrai dire, nous ne croyons que partiellement en une telle méthode, vu qu'une confrontation avec le "moi" caché rebute tout homme, qui en arrive ainsi a des méthodes de défense, conscientes ou inconscientes, qui s'expriment souvent dans les émotions. 

L'homme exprime ses véritables sentiments dans sa vie émotionnelle. 

Celui qui refoule ses émotions devient malade, parce qu'il ne vit pas pleinement, comme égo. 

Nous vivons actuellement dans une période ou l'homme essaie de se guérir lui-même d'une sur-compensation intellectuelle, par laquelle les émotions ont été négligées. 

Ces émotions qui sont de nouveau réveillée par toutes sortes de thérapies, parce que l'homme est devenu psychiquement malade. 

Malade psychique - cela ne veut pas dire que l'homme soit intellectuellement troublé, mais qu'il est émotionnellement troublé. 

Les troubles émotionnels s'élaborent directement dans le giron des religions - parce que la religion est une soupape d'échappement, une aide et une source pour la vie émotionnelle. 

L'homme qui se sent "assuré en Dieu" - pour exprimer cela d'une maniere religieuse - ne craint rien !

L'homme qui adore son Dieu de l'intérieur - au placé son propre égo à part - ou l'a offert à son Dieu. 

En Dieu, la crainte est inconnue. 

Dieu est Invulnérable, IL ne craint pas la destruction, et de ce fait, IL ne s'active pas dans le maintien-de-Lui-même. 

Donc, Dieu ne connait pas la crainte. 

Il n'y a pas un homme qui ne soit, apparemment, plus courageux, que l'homme qui craint Dieu - mais de toutes façons, il n'a pas encore atteint le but qu'est le manque total de crainte. 

Il s'est seulement retranché derrière son Dieu - il s'est protégé de la crainte - et ceci est la base des religions dogmatiques de toutes espèces. 

L'homme tourmenté par son égo craintif, se plonge dans sa confession, dans son dieu, pour lui transférer les craintes et les soucis de l'existence du maintien-de-soi, comme on le proclame dans les cercles chrétiens dogmatiques. 

Ce n'est qu'un déplacement de pions, dans le jeu d'échecs de la vie. 

En premier lieu, l'homme mena lui-même le jeu, jusqu'à ce qu'il commença à voir sa perte future et qu'il en donna alors la conduite à dieu. 

Une personnalité forte, imperturbable, ayant force de volonté n'a jamais peur de Dieu dans la véritable signification du mot - il tient Dieu par la main ... au cas ... où. 

Vous connaissez cela: "On ne sait jamais! 

Et lorsque je l'appelle, Il doit être là pour me tirer hors de la misère!" 

L'humanité intellectuelle à la tête trop lourde, et elle a écarté Dieu de sa vie de penser - elle s'est enfermée dans le voyage-de-l'égo qui devait la conduire vers la prospérité, la puissance et la richesse. 

Vous savez quels en sont finalement les résultats! 

On va peu à peu se rendre compte que l'on s'est enfermé dans une prison asphyxiante - et que de cette manière, il n'y a plus d'approvisionnement de vie et de lumière - et que pour finir, cela, pourrait bien aboutir un jour à une catastrophe fatale. 

Que se passe-t-il alors? 

Il y a une vague de religiosité émotionnelle qui frappe les grands groupements de l'humanité. 

On crie: "Dieu, où êtes-vous? - Dieu, j'ai besoin de vous! - Dieu, je vous aime!" 

Une reprise de l'adoration primitive se répand partout - aussi bien en Orient qu'en Occident - 

Et les charlatans en profitent habilement, et crient à ces hommes: 

"Dieu n'est pas mort! Il vit!" 

En effet, Dieu vit! 

Y a-t-il jamais eu un homme qui ait pu tuer Dieu? 

Y a-t-il jamais eu une période où Dieu se soit plus fait rejeter hors de son propre Travail de Création? 

Dieu Vit! Et IL Vivra - que l'homme le veuille ou non - EN LUI, il n'y a pas de crainte, mais sa créature est saisie par une angoisse - surtout maintenant, où cela va mal finir, et qu'elle a misé sur la mauvaise carte. 

Car l'homme - dans le plus profond de lui - craint ce qu'il ne veut pas avouer: Il craint des représailles. 

On est fébrilement occupé à rectifier ses propres fautes, parce que l'on craint la catastrophe. 

L'homme a renié Dieu - et ceci n'a rien à voir avec l'attitude-de-vie extérieurement dévote - et maintenant, l'emprise de la crainte s'est étendue au-dessus de l'humanité. 

Mais dans la Réalité entre Dieu et l'homme - ainsi que cela convient d'être - cette crainte est inconnue. 

Et l'homme ne voit pas son Dieu seulement comme un refuge - mais il LE voit comme un Partenaire Omniscient. 

Un Partenaire à qui il est redevable de gratitude de noblesse et d'intégrité. 

Mais ce sont des qualités que l'homme cultivé et intellectuel ne possède plus dans ce sens. 

La gratitude est une forme d'humilité. 

C'est être reconnaissant pour la vie quotidienne, être reconnaissant pour la richesse spirituelle. 

La noblesse est synonyme de quelques qualités élevées: Le courage, la vérité, l'esprit intérieur, la simplicité des sages. 

Où trouve-t-on cette noblesse? 

Et finalement, l'intégrité est un mot qui est formulé par la bouche de tant de trompeurs, que l'homme ne croit plus au droit d'être d'un tel mot. 

La passion du maintien-de-soi, qui siège dans le cerveau, et par cela active en même temps la sexualité, se fait hors du cœur, qui est la source des sentiments; et les sentiments ne sont pas la même chose que l'émotionnalité. 

Un homme émotionnel possède un cœur qui est devenu l'esclave de son intellect malade. 

Une argumentation émotionnel, comme certains orateurs savent l'apporter - peut avoir deux significations: 

Soit, elle est animée par un cerveau malade (comme c'était le cas chez Hitler) - soit, elle provient d'une peur admise, ou d'une peur inconsciente qui s'est fixée dans le cerveau de l'orateur. 

Il en va tout autrement lorsque l'homme est inspiré. 

L'inspiration provient du cœur - d'un cœur calme, conduit par l'Esprit. 

Une argumentation émotionnelle est toujours une argumentation fanatique, et le fanatisme est une crainte déguisée.  

Vous n'avez seulement qu'à consulter l'histoire. 

La crainte n'existe que dans le cerveau de l'homme, il a fait de cette peur une compagne puissante qui, finalement, va le détruire. 

La crainte a engendré les armes de guerres - les procédés chimiques - les poisons chimiques - et pour finir - la bombe atomique. 

L'égo et la crainte ont édifié un monde hors de Dieu - bien avec des religions - mais hors du Dieu qui donne la Vie, et qui est sans crainte. 

Et la crainte a échappé au pouvoir de l'égo, et elle mène une vie indépendante - ce qui fait que l'égo, l'homme-moi, est continuellement forcã de fuir, pour lui-même. 

Dans cette fuite, nous nous y trouvons tous.  

Dans cette fuite, les charlatans nous offrent: passe-temps, amusements, et lecture de voyage: Jésus Superstar, la psycho-analyse, le voyage-de- l'égo méditatif, les mantrams. 

Et l'homme croit qu'il peut, par cela, arrêter sa fuite désespérée - mais il se trompe lui-même. 

Ce n'est seulement qu'une confrontation directe ou ajournée avec soi-même. 

Car, comment un homme divisé, un homme qui ne connaît pas son égo, un homme qui le craint, un homme qui rend son égo malade, comment un tel homme peut-il croire qu'il pourra rencontrer le Dieu de l'Harmonie sur cette base? 

Et comment l'homme qui s'adresse au psychothérapeute peut-il penser qu'il pourra retrouver Dieu - la Vie - par une thérapie? 

Il ne trouve rien d'autre que lui-même - le roi de l'illusion ou la créature craintive que justement il voulait fuir.  

S'il décide de passer outre son égo, sous la suggestion de la psychothérapie, le parcours dans le cercle sans Dieu recommence à nouveau. 

L'égo a besoin de Dieu pour pouvoir vivre sans crainte - et il doit finalement trouver ce Dieu en lui-même, pour sortir de l'empriee de la crainte égocentrique, et trouver la Vie de l'âme. 

L'égo et l'âme - l'atome divin de l'individu - vivent deux vies séparées, et ils sont tous deux renfermés dans un champ de force, un cercle. 

L'égo doit s'arracher de ce cercle, vers le haut, et l'âme doit se détacher du cercle le plus haut, vers le bas. 

Leur point de rencontre se trouve alors ENTRE les deux champs de force. 

On appelle cela: la Percée du HUIT, le Huitième Jour où Dieu s'est reposé. 

Ou bien la Revelation des Huit Béatitudes - le nom importe peu. 

Ce qui est important, c'est que l'égo - l'homme fortement égocentrique d'aujourd'hui - se détache de ce monde qu'il a créé lui-même, et reconnaisse que c'est un monde d'illusions. 

C'est le premier pas - Le second pas suit de lui-même - parce qu'après ce premier pas, le CHRIST - le Principe Spirituel Vivant - s'avance vers nous, du Haut - de cet Autre Champ de Force. 

Au moment où ce Champ-de-Force le plus Haut de l'âme a pitié de nous, et se referme au-dessu de notre propre champ-de-force, il n'existe alors plus de crainte en nous, ni en secret. 

Et nous ne recherchons pas Dieu parce que nous LE craignons en secret - mais nous allons avec LUI, parce qu'IL est notre Source de Vie, notre Inspirateur. 

Un tel Dieu intérieur ne fait pas de nous des croyants fanatiques selon la loi - mais IL nous change en homme rempli d'âme, on quelqu'un qui a échangé son égo, pour une Âme éveillée à la Vie - Vie qui était sa part, dès le Commencement. 

Celui qui écoute avec les Dons de l'âme, entendra la VIE, qui l'appelle!

©1977-2015 Henk et Mia Leene